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Humeur | Fureur de l'ire

C’est assez pléonastique comme titre, je vous le concède, mais je viens de lire le second volume des haïkus d’Herman Van Rompuy et j’ai senti un véritable tsunami de colère s’en dégager. Comment rester serein lorsque vous lisez, par exemple: "La nuit est tombée / les branches nues peuvent être encore / plus solitaires"? Est-ce que, comme moi, vous imaginez immédiatement notre Herman sortant d’une réunion collégiale (= les branches) menée jusqu’au bout de la nuit et rentrant chez lui, plus seul que Modrikamen dans son parti? Oui, il y a une rage "sulfurieuse" contenue dans cette cage poétique: 5-7-5. Heu… Non, ce n’est pas l’horaire de travail d’Herman, mais le nombre de syllabes des trois vers d’un haïku. Malgré la brièveté du texte, l’auteur parvient à résumer des événements majeurs, sorte d’"haïkus fourrés" comme celui-ci: "Le vent ensorcelle notre maison à la mer. Tout sauf sous le toit", qui nous parle clairement de l’affaire Fortis. Herman se met dans la peau de Mauriche Lippens reclus avec sa famille dans sa maison à Knokke, hanté par ce scandale bancaire dont le souffle ensorcelant n’emportera toutefois pas son foyer. Et dans cet "haïku tordu" fort poétique: "Le brouaha des oiseaux dans le jardin plein. Le vert impénétrable" évoque avec malice les réactions virulentes ("noms d’oiseaux qui volent...") face au coup foireux des certificats verts d’un Jean-Marc Nollet dont personne ne saisit (vert impénétrable) la vision politique…