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Hussein, ou le rejet d'un corps étranger

Hussein avait déjà l’air fatigué la première fois qu’on l’a rencontré. C’était en septembre 2015, dans la confusion du parc Maximilien, où se concentraient des centaines de migrants en attendant que l’administration enregistre leur demande d’asile. Il nous avait raconté son histoire en faisant dérouler les photos sur son smartphone. Situation initiale: selfie dans un blindé en uniforme de l’armée irakienne. Péripéties: photos dans un canot sur la mer Égée; dans le maquis d’une île grecque; dans le jardin de cet hôtel mafieux de Budapest, où on vous raquette toutes les trois heures avec la complicité de la police; jusqu’à son arrivée à Bruxelles, où il pose son baluchon. Avec 5.000 kilomètres dans les pieds, il y avait de quoi être exténué. Soulagé, aussi.