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Il tire à boulets rouges/ Le meilleur du pays/L'argousier

l "Amis gastronomes, vous avez de drôles de fréquentations." — Il est Français mais habite Barcelone. Vincent Pousson est un blogueur qui ne laisse pas ses lecteurs indifférents. Un euphémisme. Pourfendeur des idées (trop) reçues, il adore s’attaquer aux institutions gourmandes. Comme par exemple Ferran Adrià dont le feu célébrissime "El Bulli" fut, durant plusieurs années, "le" restaurant où il fallait se montrer. Ce même Adrià qui a ouvert voici un an, un autre établissement à Barcelone ("Ticket") sacré par Pousson "le plus mauvais restaurant de Barcelone". Rien que ça. Mais l’objet d’un de ses derniers courroux s’appelle Nestlé et son président, le Carinthien Peter Brabeck-Letmathe, qui prône l’idée que "l’eau est une denrée comme les autres, est une valeur marchande, qu’il faut privatiser". Nestlé est propriétaire, notamment, de la marque San Pellegrino, sponsor du (fameux?) "World’s 50 Best Restaurant", un concours qui "décide chaque printemps des lieux où il sera bon d’aller manger où plutôt d’être vu manger" (dixit Pousson). Le plus grand groupe alimentaire mondial (avec un chiffre d’affaires de 65 milliards de dollars), après avoir collaboré avec Georges Clooney pour son café Nespresso, vient de conclure un contrat pour son Nescafé Dolce Gusto, avec le chef Jordi Rocca qui, avec ses frères dirige le restaurant "El Celler de Can Roca" à Gérone en Catalogne espagnole… Sacré cette année "meilleur restaurant du monde" dans le concours précité. Sur son blog, Vincent Pousson, via YouTube, propose de voir une interview du président du groupe alimentaire basé en Suisse. Et nous sommes, avec certaines de ses déclarations, bien en marge d’une réalité gastronomique. Exemple choisi: "On dit que tout ce qui est naturel est bon, que le bio, il n’y a rien de mieux. Après quinze ans d’OGM, aucune maladie n’est apparue, notamment aux USA. Nous nageons en pleine hypocrisie!"