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L'Europe aurait tort de punir l'Italie

Lu pour vous dans le Wall Street Journal

La Commission européenne est donc sur le point d’infliger une amende pouvant aller jusqu’à 3,5 milliards d’euros pour infraction de l’Italie aux règles budgétaires de l’UE; des règles qui prévoient que tous les pays de l’UE sont censés maintenir leur déficit budgétaire sous de la barre des 3% du PIB et leur dette totale en dessous de 60% du PIB. De nombreux membres de l’UE violent ces règles, mais la situation en Italie est exceptionnellement mauvaise. La dette italienne devrait atteindre plus de 135% en 2020, et la Commission s’inquiète du déficit italien qui s’élevait à 2,1% en 2018.

Cette situation a déjà dégénéré en un affrontement budgétaire l’an passé qui ne s’est achevé que lorsque Rome a accepté d’apporter des changements mineurs à son budget. Désormais l’UE se plaint que le gouvernement italien ne respecte pas cet accord.

L’UE s’alarme du plan de réforme fiscale de Salvini, démontrant ainsi qu’elle ne comprend pas les incitations à la croissance. Salvini souhaite avancer vers un impôt forfaitaire sur les revenus des particuliers et des petites entreprises jusqu’à 50.000 euros. Même s’il n’a pas dévoilé beaucoup de détails à ce sujet, c’est la meilleure idée qu’on ait eue à Rome depuis des années pour simplifier le code fiscal italien et peut-être réduire l’évasion fiscale. Les mandarins de l’UE, eux, ne voient dans cette proposition que ce qu’ils considèrent comme une "perte de recettes", alors que la crise en Italie se renforce malgré le niveau d’imposition élevé. De fait, environ 42% du PIB revient au gouvernement. Rome gaspille trop d’argent pour des dépenses sociales mal orientées. Ce qui manque, c’est la croissance pour élargir l’assiette fiscale. Salvini l’a compris.

L’Europe devrait lui accorder la possibilité de concevoir un budget 2020 favorable à la croissance — et Bruxelles ne devrait pas être surprise si une bataille budgétaire inconsidérée avec Salvini finit par renforcer les arguments des eurosceptiques en Italie.

L’horrible décennie qu’a traversée la Grèce aurait dû faire comprendre à Bruxelles que l’austérité avec ses hausses d’impôts et ses réductions de dépenses ne constitue pas l’unique solution politique acceptable. Le moins qu’il puisse faire, c’est s’écarter de ce chemin et essayer autre chose.

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