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Les voleurs de câbles électriques piégés à l'ADN

L'ADN aspergé par les drones ferait des merveilles en Belgique, où le vol de cuivre est fréquent. © BELGA ©BELGA

Une société allemande a mis au point un drone qui pulvérise les lignes électriques d’un ADN artificiel. Le produit se dépose durablement sur la peau et les vêtements des voleurs de cuivre…

Il ressemble à ces jouets que les gamins s’arrachent pour les fêtes de Noël. Ce petit hélicoptère à trois hélices de 1,1 kilo attire le regard de loin avec sa peinture vert fluorescent. Le "pilote" qui manipule la radiocommande avec précision n’est pourtant pas un petit garçon mais un homme d’âge mûr. Roman Wölk travaille pour la société Rent-a-Drone. La "mission" qu’il vient d’accepter est unique en son genre.

Deutsche Telekom lui a en effet demandé de faire voler son appareil au-dessus des lignes électriques berlinoises afin de pulvériser sur les fils de l’ADN artificiel. Ce liquide possède un code de synthèse spécifique difficilement lavable qui reste sur les vêtements et la peau pendant dix jours. Pratiquement invisible à l’œil nu, il est repérable sous des lampes à rayons ultraviolets dont ont été équipés plusieurs commissariats de la capitale fédérale et des véhicules de police. Le cuivre dérobé pourra ainsi être identifié par les enquêteurs même s’il a été fondu par les larrons. Cette technique, si elle se montre concluante, devrait être rapidement adoptée dans toute l’Allemagne.

Fléau

Le vol de câbles électriques est, il est vrai, devenu un véritable fléau chez notre voisin. "Rien qu’en 2012, nous avons enregistré 270 affaires de ce type, déplore Rüdiger Caspari de Deutsche Telekom. Le coût total de ces larcins a atteint 1,1 million d’euros."

Les 100.000 euros investis dans la location du drone et la pulvérisation d’ADN pourraient en conséquence être rapidement rentabilisés si les maraudeurs prennent peur. Cette expérience pourrait également inspirer d’autres sociétés qui utilisent également des câbles contenant des matières premières dont les cours se sont envolés ces dernières années.

En février dernier, des portions de la ligne du réseau ferré régional berlinois S9 ont dû être fermées au trafic deux jours de suite après le vol de fils de cuivre.

Chez nous aussi

L’ADN artificiel aspergé par des drones pourrait aussi faire des merveilles en Belgique. La SNCB enregistre en effet près de trois vols de câbles le long de ses voies chaque… jour. Coût de ces infractions pour Infrabel, qui gère le réseau ferroviaire dans le royaume: 8 millions d’euros l’an dernier et le nombre de minutes de retard enregistré a plus que doublé, passant de 31.080 à 66.440 minutes. Les zones les plus touchées par ce "fléau" sont Hal-Vilvorde, suivi dans l’ordre de Charleroi, Liège, Mons, Namur et Tournai. Pour lutter contre ce trafic, le gouvernement belge a décidé en février d’interdire le paiement en liquide des câbles de cuivre. Cette mesure, saluée par la SNCB, pourrait être renforcée par l’utilisation d’un hélicoptère de poche radiocommandé…

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