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Long Now, la pensée du (très) long terme

Long Now, financée par de grands noms de la Silicon Valley, réunit des technophiles du monde entier pour réfléchir à ce que sera le monde dans plusieurs milliers d’années. L’organisation est une fondation privée d’allure hybride: elle a la forme d’un think tank, l’ambition d’une institution culturelle et les airs d’une start-up qui ne voudrait vendre aucun produit, explique le journal Libération. Sa fonction officielle est de développer la "pensée du long terme à l’ère d’une culture de l’accélération". À San Francisco, parmi les silhouettes qui empruntent l’escalier en colimaçon pour rejoindre les bureaux situés au-dessus du bar, on croise des artistes, comme le musicien Brian Eno. Il y a aussi quelques grands noms de la tech, comme Jeff Bezos, PDG d’Amazon mais aussi l’un des principaux mécènes de la fondation. Une à deux fois par mois, le siège de Long Now se transforme en salon intellectuel: des biologistes, des historiens, des philosophes, des climatologues, des ingénieurs et parfois même des astronautes s’y réunissent pour refaire le monde en petit comité. Les 10.000 membres du monde entier peuvent suivre l’événement à distance. Pour les fondateurs, la pensée du long terme a un rôle crucial à jouer dans notre société: elle peut étendre notre capacité d’empathie et susciter un désir de justice plus profond, qui vise les générations à naître plutôt que de se cantonner à nos contemporains. Au lieu d’une devise, la fondation arbore d’ailleurs une question: "Sommes-nous de bons ancêtres?"