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Louise Bourgeois, "Les têtes bleues et les femmes rouges"

La galerie Xavier Hufkens présente des sculptures tardives de Louise Bourgeois, une série de têtes en tissu et cousues de couleur bleue qu’elle débuta à l’âge de 80 ans. Réminiscence de son enfance — ses parents étaient restaurateurs de tapisserie —, l’artiste associe la couture à l’idée de réparation et de réconciliation. Cette impression est battue en brèche par la couleur bleue, synonyme, chez elle, de mélancolie, de souffrance et d’acédie (l’ancêtre du burn-out). Toutes ces têtes, figures d’apparence masculine, trahissent un rictus de souffrance. On dirait des trophées de réducteurs de têtes. Elles sont présentées seules, parfois sous un bocal, parfois en double, pendant sur un balancier ou en groupe dans une cage… la tête en bas. A ces "blue days" répondaient chez l’artiste, alors dans le grand âge, les jours fastes et roses, la peinture qu’elle utilisait pour exécuter une panoplie de gouaches, où elle décrit la féminité plantureuse, la famille et, dans une autre série encore, six femmes enceintes dont l’embryon est représenté dans une teinte bleue. Regrets tardifs d’une femme sans progéniture?