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Martin Weale, Bank of England: quand le faucon se cachait parmi les colombes…

Dès le 7 août, Martin Weale savait qu’on parlerait de lui une semaine plus tard. Ce jour-là, ce membre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a décidé de voter contre la "forward guidance" de l’institution britannique. Cet engagement de la Bank of England (BoE) prévoyait de maintenir les taux d’intérêt directeurs au plancher et les achats d’actifs inchangés jusqu’à un retour du chômage sous les 7%. Martin Weale n’a pas apprécié ce tournant de la politique monétaire anglaise, pris sous l’impulsion de son nouveau président canadien Mark Carney. Une semaine plus tard, grâce à la publication des minutes de la réunion du comité de politique monétaire, on sait qu’il a exprimé son mécontentement en entrant officiellement en dissidence… Martin Robert Weale, 57 ans, est une voix qui compte. Nommé cette année pour un deuxième mandat de trois ans à la BoE, il était auparavant directeur de l’Institut national de recherches économiques et sociales britannique, une fonction qui lui a permis d’apparaître régulièrement dans les médias outre-Manche. Ancien professeur à l’Université de Cambridge, il apparaît aujourd’hui comme un "faucon", soit le partisan d’une politique monétaire plus ferme, alors que les autres membres du comité de politique monétaire s’apparentent davantage aux "colombes", surnom qui désigne les tenants d’une ligne plus souple. Martin Weale avait préparé depuis longtemps son opposition: en mai, il avait averti que le dépassement régulier de l’objectif d’inflation de 2% de la BoE constituait pour lui "une restriction à (sa) liberté d’action". En juin, il avait avoué qu’il était un peu plus inquiet que le gouverneur de la BoE (Mervyn King à l’époque) au sujet de la hausse des prix. Les marchés n’ont pas apprécié qu’il brise l’unanimité.