chronique

Sur l'exode des journalistes vers le monde de la politique

On a déjà beaucoup écrit, beaucoup dit, sur les transfuges entre monde médiatique et politique. Il a été souligné que cela participait à la "star-académisation" de notre système politique – on vient chercher des figures connues pour siphonner les suffrages des électeurs et on espère faire un carton le jour J. La mécanique a été décrite dans tous les sens, d’ailleurs, elle n’a rien de compliqué et – il faut l’écrire – toutes les formations politiques participent à cette pêche "miraculeuse". Or ces dernières semaines, dans la perspective du 26 mai, les choses se sont considérablement accélérées en la matière. Tour à tour, Christian Carpentier (de Sudpresse au cdH), Philippe Malherbe (de RTL au cdH), Maroun Labaki (ex-Le Soir à Ecolo) et Michel De Maegd (de RTL au MR) ont quitté le champ journalistique pour sauter dans celui de la politique. Pour être juste, il faut faire preuve de nuance et on doit à la vérité de dire que l’engagement de Christian Carpentier n’est pas celui de la politique active puisqu’il ne figure pas sur une liste électorale. N’empêche – et c’est là un des points qui nous préoccupe – ces départs consécutifs signifient un appauvrissement certain de la réserve qualitative, du stock, de journalistes francophones. Oui, m’opposerez-vous, mais des légions entières de jeunes diplômés sortent chaque année des écoles de journalisme, on trouvera bien là chaussure à son pied pour utilement remplacer les quatre partants.