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Trump prêt à tout pour serrer la vis migratoire

Un garçon hondurien et son papa appréhendés à la frontière texane le 12 juin dernier. ©AFP

La polémique suscitée par la séparation d’enfants de leurs parents à la frontière américaine a poussé le Congrès à se replonger dans le dossier migratoire.

Le dernier chantage en date du président Trump passe plutôt mal aux Etats-Unis. Et pour cause, le président américain semble ne pas avoir hésité à utiliser des enfants pour tenter d’obtenir le durcissement des politiques migratoires qu’il réclame à cor et à cri depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Le malaise s’étend à certains de ses alliés républicains, qui se seraient bien passés de cette nouvelle polémique à quelques mois des élections de mi-mandat.

Dénoncée lundi comme "inadmissible" et "cruelle" par un haut responsable de l’ONU et comparée à l’internement des Japonais-Américains pendant la seconde guerre mondiale par l’ex-Première dame Laura Bush, la mesure en question remonte à début mai. Le secrétaire à la Justice, Jeff Sessions, avait alors annoncé que toute personne franchissant illégalement la frontière américaine serait arrêtée, et ce même si elle était accompagnée de mineurs. À l’époque, cette nouvelle politique de "tolérance zéro" avait été perçue comme un durcissement de plus de la part de l’administration Trump. Mais très vite, il s’est avéré qu’elle s’accompagnait d’une pratique particulièrement inhumaine: la séparation d’enfants de leurs parents.

D’après les autorités américaines, pas moins de 1.995 enfants auraient ainsi été séparés de leurs parents entre la mi-avril et la fin mai. Mais, selon la sénatrice républicaine Susan Collins qui a demandé des comptes au Département de la sécurité intérieure et à celui de la Santé, ils pourraient être plus nombreux. D’après plusieurs médias américains, dont le New York Times, certains enfants auraient même été retirés à leurs parents alors que ceux-ci tentaient d’introduire, en toute légalité, une demande d’asile auprès des Etats-Unis.

L’administration Trump explique que si ces enfants ont été séparés de leurs parents, c’est parce que la législation américaine interdit de mettre des immigrés clandestins mineurs derrière les barreaux. Mais les détracteurs de cette pratique estiment qu’aucune loi n’oblige de séparer des enfants de leurs parents. Ils renvoient aux pratiques plus humaines des précédentes administrations, y compris sous la présidence du républicain George W. Bush, et s’interrogent ouvertement sur les motivations du président Trump.

Pression présidentielle

En tweetant samedi que les démocrates pouvaient "apporter une solution à la séparation forcée des familles à la frontière en travaillant avec les républicains à une nouvelle loi (sur l’immigration), pour une fois", Donald Trump n’a fait que renforcer l’impression qu’il tentait de leur forcer la main. Un épisode qui vient se rajouter aux précédentes polémiques soulevées par ses politiques d’immigration qu’elles concernent les musulmans, les jeunes clandestins arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants (les "dreamers") ou le mur qu’il veut ériger à la frontière mexicaine. Mais qui semble cette fois aller trop loin pour certains de ses alliés. À l’image du révérend évangéliste Franklin Graham qui a qualifié la mesure d’"honteuse" ou du très conservateur New York Post qui a estimé que c’était "horrible".

Du côté du Congrès, on s’active pour mettre un terme à la polémique. Plusieurs propositions de loi y ont été déposées, dont un texte démocrate visant à mettre fin aux séparations des familles aux frontières. Mais il n’a aucune chance de passer la rampe du Congrès. Les deux autres textes, émanant des républicains, proposent de financer le mur de Trump, de régulariser la situation des "dreamers" et de mettre fin au programme de la loterie des visas américains. La version la plus dure s’attaque à d’autres aspects des lois migratoires et prévoit notamment de limiter les possibilités de regroupement familial. Le texte défendu par l’aile modérée prévoit de mettre un terme aux séparations familiales. Aucune des deux versions ne semble pour l’instant recueillir suffisamment de soutien alors qu’elles pourraient être mises au vote dès ce jeudi. Reste à voir ce qu’en dira Trump ce mardi lorsqu’il rencontrera les dirigeants républicains du Congrès.

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