Zoom de la semaine | Grimpeur à mains nues, métier pénible?

Et si la vie était un immeuble de 42 étages. Qu’on devait escalader, à mains nues. Nos premiers pas, notre enfance scolaire, nos études universitaires, ce serait comme enfiler ses chaussons, se poudrer les mains, aviser la paroi vitrée. Puis on entrerait dans la vie active comme on enchaîne ses premiers déhanchements à l’abord du rez-de-chaussée. Chaque année serait comme un étage, négocié habillement, les doigts plantés dans l’anfractuosité, les pieds stabilisés sur le cadre de la fenêtre. La prise prendrait de l’assurance. La vue s’imposerait à nous, grandiose. Puis, la hauteur faisant, le vertige, cet invité indésirable qui assaille nos vieux jours, nous forcerait à nous poser, à retirer nos chaussons et à nous laisser bercer par la douce altitude qui nous permet d’observer le jour déclinant.