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Deutsche Bank juge dangereux d'opposer morale et banque

Le président du directoire de la Deutsche Bank Josef Ackermann a appelé jeudi à mettre un terme à la rhétorique politique selon laquelle les banques sont immorales et ne font pas leur devoir envers l'économie, répondant à des critiques récentes de Berlin.

"Banques et morale sont souvent considérées comme contradictoires. Je trouve cette évolution dangereuse", a-t-il déclaré devant les actionnaires de la première banque allemande réunis en assemblée générale.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble s'en est récemment pris directement à lui. "Un homme comme le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann, (...) trouve qu'un taux de rentabilité de 25% est approprié. Aucune entreprise productive ne peut y parvenir. Nous devons en conclure que le marché financier ne tourne plus que sur lui-même au lieu de remplir sa mission" de financer l'économie, avait-t-il estimé dans un entretien de presse.

"Nous (les banques) ne pouvons pas prospérer dans un monde parallèle. Nous devons servir la population dans son ensemble", a répliqué le Suisse jeudi. Mais pour lui, la banque sert au mieux les intérêts des particuliers si elle est compétitive au niveau international.

Il est aussi essentiel pour toute banque d'avoir la confiance des particuliers et les nombreuses attaques politiques sont de ce point de vue contre-productives, a-t-il laissé entendre. "Les grands investisseurs n'ont pas besoin de talkshow pour se faire une opinion, les petits si", a-t-il estimé recueillant les applaudissements de la salle.

Il a aussi mis en garde contre une régulation excessive des marchés financiers. "Celui qui réglemente trop les banques et les marchés affecte au bout du compte l'économie", a-t-il déclaré.

Il convient de trouver "un bon équilibre" en matière de régulation et la rhétorique selon laquelle "les marchés et les Etats sont en guerre n'est pas gage de succès", a-t-il jugé, alors que les pays du G20 veulent avancer sur ce sujet au sommet de Toronto (Canada) en juin.

Selon lui, une "coopération très étroite entre tous les intéressés est nécessaire". L'Allemagne avait surpris en décidant récemment de bannir certaines ventes à découvert à nu, sans concertation avec ses partenaires.

Deutsche Bank et son patron ont plus d'une fois été la cible du courroux berlinois depuis la tourmente financière de l'automne 2008, et de nouveau avec la crise budgétaire de la zone euro.

En 2008, il avait ainsi déclaré, selon des propos rapportés, que la Deutsche Bank aurait "honte" d'avoir recours aux aides financières mises à disposition par le gouvernement. Et ce après avoir oeuvré activement à la mise au point du plan de sauvetage du secteur avec Berlin. La chancelière conservatrice Angela Merkel avait peu apprécié.

Récemment, il a mis publiquement en doute la capacité de la Grèce à rembourser sa dette, peu après la mise en place d'un vaste plan de soutien par l'Europe et le Fonds monétaire international. La déclaration avait contribué à faire chuter la monnaie unique. Le ministre de l'Economie Rainer Brüderle avait jugé ses déclarations "étranges, surprenantes et fâcheuses".

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