Dopé par l'emploi américain, le pétrole grimpe au plus haut depuis 2 mois

(AFP) Les cours du pétrole démarraient la semaine en pleine forme, cotant lundi plus de 82 dollars à New York, sous l'effet toujours dynamisant du rapport sur l'emploi américain.Vers 11H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril grimpait de 51 cents à 80,40 dollars par rapport à la clôture de vendredi sur l'InterContinental Exchange (ICE) de Londres.

A la même heure, le baril de "brut léger texan" (WTI) pour la même échéance prenait 42 cents à 81,92 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).

Les cours se sont rapprochés en début d'échanges de leurs meilleurs niveaux de l'année. A Londres, ils ont grimpé jusqu'à 80,92 dollars, un plus haut depuis le 8 janvier. A New York, ils ont atteint 82,92 dollars, tout près du seuil de 83 dollars franchi le 11 janvier.

Le marché pétrolier continuait sur sa lancée de vendredi, restant dopé par des chiffres de l'emploi américain moins mauvais qu'attendu.

Il ne faut "jamais sous-estimer l'impact des chiffres américains de l'emploi sur les prix du pétrole. Emplois=croissance=demande pétrolière. Avec une telle logique, les données positives sur l'emploi de vendredi ont poussé à la hausse les prix du pétrole", expliquait David Hufton, analyste du courtier PVM.

L'économie américaine a certes détruit 36.000 postes de travail de plus qu'elle n'en a créé en février, mais le nombre de licenciements est moins fort que ne le craignaient les analystes, qui les estimaient à 68.000.

Parallèlement, le marché pétrolier profite d'un certain soulagement des marchés sur la dette publique de la Grèce, entraînant un regain général d'appétit des investisseurs pour les actifs à risques, dont les actions et les matières premières.

"La vigueur des marchés d'actions et des marchés de matières premières contribue à l'optimisme" du marché pétrolier, notaient les analystes du cabinet JBC, à Vienne.

Couplée à l'engagement dimanche de soutenir "si nécessaire" la Grèce par le président français Nicolas Sarkozy, la décision du Parlement grec vendredi d'adopter un nouveau train d'austérité comprenant hausse d'impôts et réduction des dépenses mettait en sourdine les inquiétudes sur l'état de la zone euro.

La faiblesse persistante du marché physique, soulignée par de nombreux analystes, ne semble donc pas empêcher les cours de grimper.

"Ce n'est pas l'offre et la demande de pétrole réel qui déterminent le prix du jour. Le prix est déterminé par l'offre et la demande de contrats pétroliers à terme et quiconque croit encore que les prix d'un contrat à terme reflète l'état du marché physique vit à une autre époque. L'état physique du marché n'est qu'un élément de la formule" de fixation des cours, explique M. Hufton.

"La demande reste faible dans un marché bien approvisionné, ce qui devrait plafonner les prix durant la deuxième partie de l'année", estime toutefois David Hart, analyste chez Westhouse Securities.

L'état physique du marché sera toutefois jaugé cette semaine par les trois principales institutions faisant autorité en la matière. Après l'Agence américaine de l'énergie mercredi, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publiera son rapport mensuel mercredi. Le plus attendu par le marché, celui de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) va clore le tout vendredi.

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