EON change de cap

EON se lance à la conquête de nouveaux marchés, en dehors de l'Europe. Pour financer ce revirement, il va céder des actifs pour un montant de 15 milliards d'euros et réduire son dividende. Le marché réagit très bien à cette annonce.

Le numéro un allemand de l'énergie, EON, annonce un tournant stratégique qui doit lui permettre de conquérir des marchés hors d'Europe, sur fond de cessions massives et de mesures d'économie.

"Hors d'Europe, nous voulons utiliser notre expertise dans la production et la distribution pour construire de nouvelles activités. En plus de la Russie et des Etats-Unis, nous voulons à long terme nous établir dans deux autres régions", a déclaré Johannes Teyssen, aux commandes d'EON depuis mai.

Pour financer ces investissements et aussi réduire une montagne de dettes estimée à 45 milliards d'euros, EON va céder pour 15 milliards d'euros d'actifs d'ici 2013.

Le groupe va aussi modérer la rétribution de ses actionnaires: il a prévu un dividende stable à 1,5 euro en 2010, descendant à 1,3 euro en 2011 et 2012.

Il veut par ailleurs réaliser à partir de 2013, 600 millions d'euros d'économies supplémentaires par an.

Le premier groupe privé d'énergie au monde tourne ainsi le dos à la stratégie d'acquisitions en masse en Europe des dernières années, qui le laisse lourdement endetté et confronté à des marchés où les possibilités de croissance sont désormais très limitées.

EON a dit s'attendre à "des défis économiques importants dans les prochaines années", résultant de la création d'une taxe en Allemagne sur le combustible nucléaire, de l'achat prévu de droits à polluer, et de marges généralement plus réduites.

Le groupe se fixe pour objectif d'atteindre à nouveau en 2013 un bénéfice d'exploitation ajusté (Ebit) comparable à 2010.

Ces annonces ont enthousiasmé le marché: l'action EON à Francfort était la deuxième plus forte hausse de l'indice Dax.

 

Côté résultats, EON a essuyé pour le troisième trimestre une perte nette part du groupe de 389 millions d'euros, beaucoup moins lourde que prévu par les analystes.

Cette glissade dans le rouge n'a rien d'étonnant, alors qu'EON avait déjà annoncé le 27 octobre procéder à des dépréciations d'un total de 2,6 milliards d'euros dans ses comptes, concernant des actifs en Italie, en Espagne et en France, récemment rachetés.

Il avait à cette occasion déjà levé une bonne partie du voile sur ses résultats d'exploitation et s'est contenté de confirmer ce mercredi avoir dégagé sur les neuf premiers mois de 2010 un bénéfice opérationnel (EBIT) ajusté de près de 8 milliards d'euros, en hausse de 9% sur un an.

Sur la période, son chiffre d'affaires a atteint 64 milliards d'euros, en hausse de 11% sur un an. Pour le seul troisième trimestre, il s'est affiché à 19,6 milliards, en hausse de 20%. Les analystes attendaient 16,3 milliards.

EON se fixe pour objectif d'atteindre à nouveau en 2013 un bénéfice d'exploitation ajusté (EBIT) comparable à 2010.

 

 

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