Espagne: aide ou pas?

Les rumeurs se multiplient sur un plan d'aide à l'Espagne. Le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn est attendu à Madrid vendredi. Zapatero estime que son pays est solvable. Les marchés doutent et l'indice Ibex35 perdait 0,15% en fin de matinée alors que les autres Bourses étaient dans le vert.

Dominique Strauss-Kahn doit rencontrer vendredi à 13H00 le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a indiqué la présidence du gouvernement dans un communiqué, sans préciser l'ordre du jour de l'entretien.

Selon des sources de l'exécutif citées par le journal économique El Economista, les deux responsables doivent essentiellement s'entretenir sur les mesures d'austérité récemment annoncées par le gouvernement espagnol. Ce même journal assure mercredi que l'Union européenne et le FMI sont en train de préparer un plan d'aide pour l'Espagne, prévoyant une ligne de crédit de 200 à 250 milliards d'euros.

"Des techniciens de l'UE, du FMI et du Trésor américain mettent en place un plan de liquidités pour l'Espagne, une formule plus douce que le plan de sauvetage utilisé pour la Grèce", a affirmé El Economista.

Le gouvernement espagnol a de nouveau démenti mercredi la préparation d'un quelconque plan d'aide. "Non, absolument pas. Je ne sais plus comment vous voulez qu'on le nie", a déclaré la ministre de l'Economie, Elena Salgado (photo) en réaction à l'article d'El Economista.

Cette ligne de crédits comprendrait un apport du FMI et du fonds d'urgence créé par l'UE, qui prévoit 440 milliards de garanties de prêts pour les Etats qui, comme la Grèce, seraient dans l'incapacité de trouver de l'argent frais sur les marchés financiers.

Pays solvable

L'Espagne est "un pays solvable, solide, fort et avec du crédit à l'international" a assuré par ailleurs le chef de gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero après la demande de "précision" formulée par Bruxelles sur les mesures d'économies prévues par Madrid. "Comme beaucoup d'autres" pays, l'Espagne a été "obligée" de prendre des "mesures rapides (...) de sauvetage pour le système financier, de stimulation fiscale et aujourd'hui de réduction du déficit", a expliqué le responsable socialiste lors d'une séance parlementaire de questions au gouvernement.

La ministre de l'Economie, Elena Salgado a pour sa part nié que Bruxelles ait mis la pression sur Madrid. Elle a estimé au contraire que la Commission avait souligné que "l'Espagne faisait ses devoirs et qu'il existait un engagement clair pour arriver aux objectifs" de réduction du déficit public annoncés par le gouvernement, lesquels "sont corrects, suffisants et ambitieux".

La Commission européenne avait demandé mardi à plusieurs pays de l'UE, dont l'Espagne et le Portugal, de "préciser" leurs mesures d'économies pour réduire leurs déficits après l'année 2010. "Dans tous les cas, nous concluons que les mesures prises ont été suffisantes pour atteindre les objectifs pour 2010", avait indiqué la Commission. Cependant, "il est attendu de l'Espagne et du Portugal qu'ils précisent leurs mesures dans leur budgets 2011, représentant respectivement 1,75% et 1,50% du PIB, afin d'atteindre leurs nouveaux objectifs", avait souligné la Commission dans un communiqué.

Mme Salgado a expliqué mercredi devant le parlement, que les autorités régionales s'étaient engagées à "réduire leurs déficits pour 2010 et 2011 de 11 milliards d'euros, une somme supérieure à ce que la Commission nous demandait de détailler". Les gouvernements régionaux espagnols, qui fournissent des services essentiels comme les soins et l'éducation, ont accepté, mardi, de limiter strictement leurs déficits pour les trois ans à venir en freinant leurs dépenses. Les 17 communautés autonomes doivent limiter leur déficit à 1,3% du produit intérieur brut (PIB) au lieu des 2,4% convenus en mars, avait indiqué le ministère de l'Economie.

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