Forte tension de la dette espagnole sur le marché obligataire

Les taux à 10 ans de l'obligation espagnole de référence se tendaient fortement lundi matin sur le marché obligataire, les investisseurs, de plus en plus inquiets de l'état de santé du secteur bancaire ibérique, se détournant des titres de dette du pays.

Vers 10H30 ce lundi, le taux espagnol à 10 ans, qui évolue en sens inverse de la demande, grimpait à 6,451% contre 6,311% vendredi à la clôture.

La prime de risque espagnole (surcoût que doit payer l'Espagne pour emprunter à dix ans, par rapport à l'Allemagne, considérée comme référence du marché) s'inscrivait à un niveau record à 509 points de base (5,09 points).

Enfin, les contrats d'assurance contre le défaut de paiement de l'Espagne, les CDS, évoluaient aussi à leur plus haut niveau à 556 points de base, ce qui signifie qu'il faut débourser 2.224.000 dollars pour assurer 10 millions de dollars de dette d'Etat espagnole sur cinq ans.

"Les déboires du secteur bancaire font fuir les investisseurs qui n'achètent plus de papier espagnol", relève René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis.

La grande banque Bankia, qui croule sous les actifs immobiliers risqués, a demandé vendredi soir une aide à l'Etat de 19 milliards d'euros, un montant record dans l'histoire du pays.

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé, dans la foulée, la note de cinq grandes banques espagnoles, dont celle de Bankia, mais aussi celles de Bankinter et de Banco Popular Espanol.

Lundi matin, Bankia dévissait à la Bourse de Madrid de près de 29% à l'ouverture.

Cette tension sur la dette espagnole profitait logiquement au Bund allemand, considéré comme la valeur refuge par excellence. Le taux à 10 ans du Bund flirtait avec ses plus bas historiques à 1,374% contre 1,370% vendredi à la clôture.

Le rendement de l'obligation française de référence évoluait aussi autour de ses plus bas niveaux à 2,527% contre 2,518% vendredi.

 

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