GDF se retire d'un ambitieux projet de réacteur nucléaire 3èm

Le groupe énergétique français GDF Suez a décidé de se retirer du projet de construction d'un réacteur nucléaire de 3e génération dans le Nord-Ouest de la France, d'après le journal Les Echos, citant des sources anonymes concordantes.

Le groupe énergétique français GDF Suez a décidé de se retirer du projet de construction d'un réacteur nucléaire de 3e génération (EPR) à Penly (Seine-Maritime), a révélé jeudi le quotidien économique Les Echos, citant des sources anonymes concordantes.

Le PDG de GDF Suez Gérard Mestrallet a fait part de ses intentions dans un courrier adressé au Premier ministre François Fillon, selon le journal.

GDF Suez, qui souhaitait au départ devenir opérateur de la centrale, ne se satisfaisait pas d'être relégué au rang de financier d'un projet dont le contrôle revient à son grand rival EDF, ajoutent Les Echos.

Interrogé par l'AFP, GDF Suez s'est refusé à tout commentaire.

EDF a indiqué pour sa part n'avoir "pas eu à ce stade la confirmation de cette information". "Il est donc prématuré de la commenter. Dans tous les cas, dans ce projet de Penly 3, notre travail se poursuit normalement", a déclaré une porte-parole du groupe d'électricité à l'AFP.

Matignon n'a pas souhaité communiquer sur la question.

Selon Les Echos, GDF Suez aurait peu apprécié la décision de l'Etat de confier l'exploitation du réacteur de Penly à EDF seul alors que le géant gazier souhaitait acquérir une expérience d'opérateur afin de pouvoir exporter l'EPR à l'étranger.

"Nous avons gagné Penly. Nous gérerons la future centrale de Penly. Quand je dis nous, c'est EDF", avait annoncé en mai le PDG d'EDF Henri Proglio.

Il avait à cette occasion qualifié GDF Suez "d'opérateur belge", l'ancien Gaz de France exploitant 7 réacteurs en Belgique via sa filiale Electrabel.

En outre, GDF Suez avait été relégué au rang d'acteur de second plan par le rapport sur l'avenir de la filière nucléaire rédigé par l'ancien patron d'EDF, François Roussely, pour le compte de l'Elysée.

"L’urgence ne me semble pas d’avoir un deuxième ou un énième champion national, mais bien d’abord de restaurer la force de frappe de ceux qui constituèrent longtemps le premier, à savoir Areva et EDF, auxquels on peut ajouter Alstom et le CEA", avait déclaré M. Roussely le 15 septembre devant des députés.

GDF Suez devait détenir 25% de l'EPR de Penly, contre 50% pour EDF, 8,33% pour le pétrolier Total, tandis que l'italien Enel et l'allemand Eon se partageaient le reste du capital.

"La participation de GDF Suez pourra être +redistribuée+ entre les acteurs européens qui souhaiteraient prendre une position sur le marché français", a estimé Louis Boujard, analyste pour Aurel, dans une note.

"L'investissement nécessaire à la reprise de cette participation peut être estimée à environ 1,5 milliard d'euros", a-t-il ajouté.

Le coût de l'EPR de Flamanville (Manche) est en effet évalué à 5 milliards d'euros "et de l'avis même d'EDF, Penly pourrait être plus cher que Flamanville", selon M. Roussely.

Dans son courrier à François Fillon, M. Mestrallet maintient cependant sa proposition de construire un réacteur de taille plus petite, de type Atmea, dans la vallée du Rhône.

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