Japon: bond de 10% des commandes de biens d'équipement

Les commandes de biens d'équipement du secteur privé au Japon, hors énergie et chantiers navals, ont bondi de 10,1% en août par rapport à juillet grâce aux dépenses du secteur manufacturier, a annoncé le gouvernement mercredi.

Cet indicateur clé de l'investissement des entreprises avait progressé de 8,8% en juillet et 1,6% en juin, après avoir nettement régressé de 9,1% en mai, sa première baisse à l'époque depuis le mois de février.

Cette hausse est une surprise, les experts s'attendant en moyenne à une baisse de 4,5%, selon des enquêtes de la presse économique.

"Il est clair que les dépenses en capital reprennent mais la prudence s'impose, au vu du ralentissement du rythme des exportations et de la vigueur persistante du yen", a commenté Norio Miyagawa, économiste à Mizuho Securities Research & Consulting, cité par l'agence Dow Jones Newswires.

Les entreprises manufacturières ont été les plus promptes à engager des frais (+12,5%), particulièrement dans les secteurs des métaux non ferreux (+272%), de la sidérurgie (+102%) et de la production pétrolière et charbonnière (+62%).

Dans le domaine non manufacturier (+8,3%), l'immobilier (+62%) et les transports (+29%) ont tiré les investissements d'ensemble.

Takashi Wada, un responsable du bureau du Premier ministre japonais, s'est réjoui "de la bonne tenue inespérée de la demande privée", tout en jugeant qu'il était "trop tôt pour dire si nous sommes entrés dans un cercle vertueux".

Les pouvoirs publics ont augmenté eux aussi leurs achats d'équipement de 10,1% en août par rapport à juillet. Tous secteurs confondus, les commandes ont crû de 9,8%.

Sur un an, hors énergie et chantiers navals, les commandes du secteur privé ont progressé de 24,1%.

Les entreprises japonaises ont commencé à réinvestir depuis le printemps 2009, bénéficiant notamment d'un redémarrage des ventes d'automobiles et d'appareils électroniques après la crise de 2008. Elles ont aussi bénéficié des commandes vigoureuses des pays émergents, notamment de la Chine.

"Les chiffres accréditent l'idée que l'investissement en capital va augmenter doucement jusqu'à la fin de l'année, a estimé Yumi Nishimura, de Daiwa Securities Capital Markets.

Mais elle s'est elle aussi gardée de "tout excès d'optimisme" face aux contraintes pesant sur l'économie nippone.

Parmi ces difficultés figure la déflation sévissant depuis un an et demi dans l'archipel, une baisse des prix généralisée qui constitue un frein à l'engagement financier des entreprises.

Après la récession de 2008-2009, la croissance de l'économie japonaise pourrait atteindre 2,8% en 2010 mais ralentir à 1,5% en 2011, a annoncé le Fonds monétaire international (FMI) dans ses dernières prévisions publiées début octobre.

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