Japon: les prix à la consommation toujours en baisse

Les prix à la consommation au Japon, hors produits périssables, ont baissé de 0,6% sur un an en octobre, leur 20e recul mensuel d'affilée, a annoncé vendredi le ministère des Affaires intérieures, laissant craindre une poursuite de la déflation pendant encore de longs mois.

Phénomène pernicieux déjà connu par le pays entre 1997 et 2006, la déflation décourage l'investissement des entreprises et affaiblit la consommation des ménages.

Le rythme de la baisse des prix à la consommation continue toutefois de s'atténuer depuis le record (-2,4% sur un an) atteint en août 2009. En septembre, toujours sur un an, le recul atteignait encore 1,1%.

Cet apaisement de la déflation en octobre n'est toutefois pas dû à un meilleur équilibre entre l'offre et la demande, a souligné Atsushi Matsumoto, économiste au Mizuho Research Institute.

Il y voit plutôt les conséquences d'"effets à un coup", comme la forte hausse des prix du tabac au 1er octobre et l'augmentation de primes d'assurance.

En excluant non seulement l'alimentation, mais aussi l'énergie, les prix à la consommation s'affichent en recul en octobre de 0,8% sur un an.

Par rapport au mois d'octobre 2009, les prix des équipements domestiques ont particulièrement baissé (-4,1%), ainsi que, dans une moindre mesure, ceux des vêtements et chaussures (-1,1%).

L'indice des prix à la consommation dans la région de Tokyo, considéré comme un indicateur avancé de l'évolution des prix dans le reste du Japon, a pour sa part baissé de 0,5% en novembre hors produits périssables, a précisé le ministère.

"La faible croissance des exportations pourrait diminuer les revenus des entreprises, donc abaisser les revenus des ménages et limiter la consommation", a prévenu M. Matsumoto. Selon des statistiques publiées jeudi, les exportations nippones ont progressé en octobre à leur plus faible rythme depuis le début de l'année, une mauvaise nouvelle pour la croissance japonaise dépendante des ventes à l'étranger.

Au troisième trimestre, la consommation a été dopée dans l'archipel par des subventions temporaires à l'achat de voitures "écologiques" et par la chaleur inhabituelle de l'été - qui a poussé nombre de Japonais à remplacer leur système de climatisation -, mais elle pourrait ne pas être aussi reluisante en fin d'année.

Autant d'éléments qui font penser à M. Matsumoto que la sortie de la déflation "sera plus longue qu'espéré".

Pour tenter de l'endiguer, la Banque du Japon (BoJ) a abaissé au début octobre son taux directeur dans une fourchette de 0,0% à 0,1%, renouant en pratique avec la politique du taux zéro, et amplifié son dispositif d'assouplissement monétaire.

Mi-novembre, le gouvernement de centre-gauche a pour sa part fait approuver par la Chambre basse du Parlement une rallonge budgétaire d'environ 5.090 milliards de yens (44,5 milliards d'euros) afin de financer un plan de soutien à l'économie nippone.

Selon la BoJ, la déflation s'interrompera lors de l'année budgétaire d'avril 2011 à mars 2012, un objectif que le gouvernement a réaffirmé partager vendredi.

Les organisations économiques internationales prédisent pour leur part que la baisse des prix devrait durer au moins jusqu'à la fin 2011 au Japon.

La déflation représente l'une des principales menaces pour la reprise économique du pays, qui s'est sorti l'an passé de la violente récession de 2008-2009. La lutte contre cette baisse des prix est rendue plus difficile ces derniers mois par la flambée du yen, qui réduit le coût des produits importés dans l'archipel.

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés