L'enseigne allemande Karstadt est sauvée

Un accord sur le sauvetage de l'enseigne allemande Karstadt, numéro trois européen des grands magasins, a été trouvé. Les créanciers de Highstreet, un consortium immobilier propriétaire des murs de la plus grande partie des magasins Karstadt, ont donné leur accord aux conditions posées par l'investisseur international Nicolas Berggruen qui réclamait des baisses de loyer.

Le feuilleton de la vente de Karstadt, emblématique enseigne de grands magasins menacée de liquidation, a trouvé un épilogue heureux ce jeudi après des mois de rebondissements. Les 120 magasins du groupe peuvent être repris par l'investisseur international Nicolas Berggruen.

Le sort de Karstadt dépendait en dernier lieu de la décision d'un groupe d'investisseurs et établissements financiers qui ont en commun d'avoir acheté des titres émis par High Street, un consortium immobilier propriétaire de l'essentiel des murs du numéro trois européen des grands magasins.

Ces créanciers, réunis ce jeudi à Londres, ont autorisé High Street à consentir à son locataire Karstadt des réductions de loyer.

Le repreneur désigné de Karstadt Nicolas Berggruen avait conditionné le rachat de la chaîne à ces baisses de loyer, seules à même selon lui de permettre la survie de magasins pas très rentables.

"Un accord de principe a été trouvé avec Highstreet. Sur le plan formel, il manque des signatures mais il n'y a aucun obstacle à ce qu'elles soient apportées", a affirmé de son côté David Jehan, président international du groupe de textile BCBG Max Azria, avec lequel M. Berggruen s'est allié pour déposer son offre en juin.

La reprise par Berggruen et BCBG Max Azria, qui détiendra 20% des parts, doit être avalisée vendredi par le tribunal administratif d'Essen (ouest), ville qui abrite le siège de Karstadt. La décision du tribunal avait déjà été repoussée deux fois.

Des observateurs jugeaient improbable que le sauvetage de Karstadt échoue en raison d'un éventuel léger contre-temps dû aux signatures encore manquantes.

Karstadt, enseigne vieille de 130 ans très implantée dans les centres-ville allemands, souffre de la désaffection de la clientèle pour le format des grands magasins fourre-tout, de la faiblesse chronique de la consommation des ménages en Allemagne et, ces derniers mois, des incertitudes entourant son avenir.25.000 personnes

Karstadt appartenait au groupe de distribution Arcandor, ex-KarstadtQuelle qui, après avoir une première fois frôlé la faillite en 2004, a fini par mettre la clé sous la porte en juin 2009. L'autre pilier d'Arcandor, le catalogue de vente par correspondance Quelle, a été liquidé à l'automne dernier faute de repreneur.

Karstadt, qui emploie quelque 25.000 personnes en Allemagne (autant qu'Opel), a eu plus de chance, et trouvé un acheteur en la personne de Nicolas Berggruen, investisseur parfois philanthrope et fils d'un collectionneur célèbre.

Berggruen a passé ces derniers mois à négocier avec High Street sur les fameuses réductions de loyer. Le succès des négociations a plusieurs fois été annoncé, puis démenti. Même la ministre de l'Emploi était intervenue.

Puis un autre candidat est sorti du bois, l'Italien Maurizio Borletti, actionnaire du Printemps français et de l'italien La Rinascente et membre... du consortium High Street. Et l'autre éternel prétendant, l'allemand Metro, qui aurait bien vu ses magasins Kaufhof mariés à une partie de Karstadt, s'en est régulièrement mêlé.

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