L'euro grimpe au-dessus de 1,33 dollar

L'euro est grimpé vendredi au-dessus du seuil de 1,33 dollar pour la première fois depuis début mai, soutenu par des destructions d'emplois bien plus fortes que prévu en juillet aux Etats-Unis, alimentant les craintes d'un ralentissement de la reprise américaine.

Vers 17h, l'euro valait 1,3292 dollar contre 1,3190 dollar jeudi à 23h, après un bond jusqu'à 1,3334 dollar vers 16h05, son niveau le plus fort depuis le 3 mai.

Le billet vert fléchissait également face à la devise japonaise, à 85,19 yens contre 85,82 yens jeudi soir, après être tombé à 85,07 yens vers 15h, son niveau le plus faible depuis fin novembre 2009.

L'économie américaine a détruit 131.000 emplois en juillet, soit plus qu'anticipé, les embauches nettes du secteur privé (71.000) ayant été moins fortes qu'attendu, selon des chiffres officiels publiés vendredi et faisant apparaître un taux de chômage stable, à 9,5%.

"Le fait que la main-d'oeuvre diminue d'un nombre aussi élevé de personnes n'est pas positif car il suggère que les gens abandonnent leurs recherches d'emploi, faute de travail disponible", commentait James Knightley, économiste chez ING.

"Sans créations d'emplois considérables, il y a peu de chance de voir une accélération de la croissance de la consommation au cours du deuxième semestre, (nécessaire pourtant) pour contrebalancer le retrait (prévu, ndlr) des mesures de soutien" à l'économie, expliquait Paul Ashworth, de Capital Economics.

Les très mauvais chiffres de l'emploi américain renforçaient ainsi les craintes d'un ralentissement marqué de la reprise aux Etats-Unis, et alimentaient les spéculations sur la mise en place de nouvelles mesures de soutien à l'économie par la Réserve fédérale américaine (Fed).

En effet, ces chiffres "ne sont pas de bon augure pour la confiance et les dépenses des consommateurs, et vont renforcer les inquiétudes de la Fed sur le rythme de la reprise" américaine, soulignait M. Knightley.

Depuis la fin du mois de juin, une succession d'indicateurs décevants pèse sur le billet vert, entraînant un discours plus conservateur de la part des membres du comité de politique monétaire de la Fed, qui laissent la porte ouverte à de nouvelles mesures de soutien.

"Alors que les marchés souhaitent voir des signes indéniables de croissance, ils ne reçoivent que les signes d'une incertitude accrue et d'un début de stagnation de l'économie américaine", soulignait Christina Weisz, analyste de la maison de courtage Currency Solutions.

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