La BCE affiche sa confiance dans la zone euro mais peine à co

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a affiché jeudi une confiance à toute épreuve dans la cohésion de la zone euro, excluant un défaut de la Grèce et tout danger de contagion à d'autres pays, Espagne et Portugal en tête.

Le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a affiché jeudi une confiance à toute épreuve dans la cohésion de la zone euro, excluant un défaut de la Grèce et tout danger de contagion à d'autres pays, Espagne et Portugal en tête.

"Un défaut de la Grèce est pour moi hors de question", a déclaré le Français lors d'une conférence de presse à Lisbonne.

Le conseil des gouverneurs, qui a laissé son taux directeur inchangé à son plus bas niveau historique de 1%, se réunit deux fois par an hors de ses murs francfortois.

Le rendez-vous au Portugal était pris de longue date, mais entre-temps, la dette à long terme du pays s'est trouvée dégradée, comme celle de son puissant voisin l'Espagne, attisant les craintes d'un débordement de la débâcle grecque sur la péninsule ibérique.

Pour Jean-Claude Trichet, ce scénario n'a aucun sens. "La Grèce et le Portugal ne sont pas sur le même bateau", a-t-il lancé. "Le Portugal n'est pas la Grèce, l'Espagne n'est pas la Grèce", a-t-il insisté, sans réussir à apaiser les craintes des marchés.

L'euro est tombé sous les 1,27 dollar au moment de la conférence de presse, à 1,2691 dollar, son plus bas niveau depuis le 11 mars 2009.

Les attentes étaient grandes, le Français les a quelque peu déçues. Interrogé sur l'éventualité pour la BCE d'acheter des obligations d'Etat pour soutenir les pays qui ont des difficultés à se refinancer sur le marché, il a simplement rétorqué que l'option n'avait pas été discutée lors de la réunion, refusant catégoriquement d'en dire plus.

"C'est une bonne chose" qu'il ait finalement confirmé que la BCE "restait prête à agir rapidement avec des mesures non conventionnelles, si nécessaire", estime Erik Nielsen, économiste chez Goldman Sachs.

Mais globalement, il a "essayé d'en dire le moins possible sur la Grèce et sur de possibles actions futures", souligne Carsten Brzeski d'ING. Une façon peut-être de tirer les leçons de récents volte-face et cafouillages de communication qui n'ont pas servi la crédibilité de la BCE, avance l'expert.

L'institution a ainsi récemment décidé d'accepter les titres de la dette grecque quelle que soit leur notation comme garantie en échange de crédit. Jean-Claude Trichet avait pourtant catégoriquement exclu de faire une exception dans ce domaine pour un pays.

La décision a été mûrement réfléchie, elle se base sur le plan d'austérité convaincant présenté par Athènes, a justifié le chef de la BCE. L'institution est intimement convaincue que le plan de 110 milliards d'euros sur trois ans mis en oeuvre par la zone euro et le Fonds monétaire international pour sauver la Grèce fonctionnera.

C'est pourquoi le conseil n'a pas non plus, selon son président, évoqué pendant sa réunion la question d'une procédure codifiée d'insolvabilité des Etats, relancée récemment en Allemagne.

Jean-Claude Trichet a sans surprise lancé de nouveau un appel aux gouvernements, afin qu'il prennent des "actions décisives" afin d'assainir durablement leurs finances publiques.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se retrouveront vendredi pour un sommet de crise à Bruxelles.

Des voix ont plaidé avant ce sommet pour un renforcement du Pacte de stabilité censé limiter notamment les déficits publics, une position réitérée jeudi par la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, dans une lettre commune publiée par le journal Le Monde.

Jean-Claude Trichet a lu pendant la conférence le passage de cette lettre où les deux chefs d'Etat se disent "pleinement attachés à préserver la solidité, la stabilité et l'unité de la zone euro" avant de déclarer : "J'aurais pu signer ça aussi".

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