La croissance nippone s'accélère

La croissance japonaise s'est accélérée au premier trimestre grâce à une demande intérieure revigorée, mais la reprise reste suspendue à des exportations à l'avenir incertain.

(afp) - Le produit intérieur brut (PIB) du Japon a augmenté de 1,2% entre janvier et mars, soit 4,9% en rythme annuel, son quatrième trimestre consécutif de croissance après avoir enduré du printemps 2008 au printemps 2009 sa pire récession depuis 1945, dans le sillage de la crise économique mondiale.

Cette progression est toutefois légèrement inférieure aux prévisions des économistes qui s'attendaient à une croissance de 1,3% à 1,4%, selon le quotidien Nikkei et l'agence Dow Jones Newswires.

La croissance du quatrième trimestre 2009 a par ailleurs été légèrement revue à la hausse, à +1,0% contre +0,9% estimé au départ, mais la décroissance pour l'ensemble de l'année 2009 reste fixée à -5,2%.

Au premier trimestre 2010, la croissance a été notablement tirée par la demande intérieure, jusque-là moribonde, et notamment par la demande privée.

Les autorités nippones ont multiplié les mesures de soutien à la consommation des ménages, comme des incitations à l'achat de véhicules "propres" ou d'appareils électroménagers.

La Banque du Japon maintient en outre son taux directeur à 0,1% depuis décembre 2008, favorisant les emprunts des entreprises pour investir.

"La demande intérieure a bien progressé avec une consommation privée de +0,3% et des investissements capitalistiques de +1,0%. Cela confirme que la reprise des exportations depuis plus d'un an a fini par déboucher sur un redémarrage de la demande intérieure", s'est réjoui Naoki Murakami, économiste en chef à Monex Securities.

En nette hausse de 6,9%, les exportations nippones ont de nouveau fermement soutenu la croissance, grâce à la forte reprise économique des pays asiatiques, et notamment de la Chine.

Le Japon est d'ailleurs resté la deuxième économie mondiale devant son voisin en plein décollage économique. A la fin mars, le PIB du Japon s'est élevé à l'équivalent de 1.294,981 milliards de dollars, contre 1.180,287 milliards de dollars pour la Chine.

La Chine devrait toutefois passer devant le Japon en 2010 ou 2011 et devenir la deuxième économie mondiale, derrière les Etats-Unis, selon les économistes.

Pour le deuxième trimestre, les analystes sont plus prudents pour la croissance nippone.

Takeshi Minami, économiste à l'institut de recherche Norinchukin, estime que la "croissance va ralentir entre avril et juin".

Il souligne que la hausse des dépenses de consommation "ralentit", que les exportations de l'archipel "ressentent l'impact du yen fort" et que la Chine "semble vouloir resserrer sa politique économique".

Restant à un niveau élevé face au dollar, autour de 92 yens, la devise nippone a récemment bondi face à l'euro, qui a chuté en quelques semaines de plus de 130 yens à moins de 115 yens à cause des problèmes budgétaires de pays de la zone euro.

Un yen trop fort nuit aux exportateurs nippons, en réduisant leurs profits rapatriés de l'étranger.

L'économie japonaise reste aussi engluée dans la déflation, un phénomène de baisse des prix qui ruine les perspectives de bénéfice des entreprises et dissuade les investissements.

En outre, certaines des aides à la consommation devraient prendre fin prochainement et le gouvernement de centre-gauche a réduit ses investissements dans les travaux publics, limitant sa contribution directe à la croissance.

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