La vente de Marie Brizard probablement retardée

Le groupe français de spiritueux Belvédère, en difficulté financière chronique, a laissé entendre vendredi que la vente de sa filiale Marie Brizard pourrait être retardée à la suite d'une décision rendue trois jours plus tôt par la cour d'appel de Dijon.

Le groupe français de spiritueux Belvédère, en difficulté financière chronique, a laissé entendre vendredi que la vente de sa filiale Marie Brizard pourrait être retardée à la suite d'une décision rendue trois jours plus tôt par la cour d'appel de Dijon.

"Indépendamment de la cession ou non de sa filiale Marie Brizard, Belvédère disposera en novembre prochain des moyens financiers nécessaires au paiement de (la) première échéance" des remboursements dus à ses créanciers, a assuré le groupe dans un communiqué.

Belvédère pourrait donc "revoir son calendrier de cession d’actifs", a-t-il ajouté.

La cour d'appel de Dijon a confirmé mardi la décision du tribunal de commerce du 15 décembre 2009, qui reconnaissait l'intégralité des 375 millions d'euros de créances dues par le groupe de spiritueux à des porteurs d'obligations à taux variable (FRN) émises en 2006, dont la BNY Mellon.

Belvédère précise toutefois que la cour a arrêté au 15 mai 2013 les intérêts de cette dette.

"Cette créance ne produisant donc plus d'intérêts à compter de cette date, le montant des échéances prévues initialement par le plan de sauvegarde sera fortement revu à la baisse", explique-t-il.

Le groupe de spiritueux rappelle qu'il compte néanmoins se pourvoir en cassation et précise qu'en attendant que cette dernière se prononce, "la décision de la cour d'appel n'est pas définitive si bien que les fonds ne seront pas versés à la BNY Mellon".

En vertu de cette décision de justice, le conseil d'administration de Belvédère a décidé d'annuler l'assemblée générale extradordinaire (AGE) qu'il avait convoquée pour le 22 octobre et qu'il était tenu de réunir pour permettre aux actionnaires de se prononcer sur une éventuelle dissolution de la société.

"Au vu de la décision de justice qui allège le montant futur des intérêts à payer" et donc écarte le risque de dissolution, "la convocation n'a plus lieu d'être", a indiqué à l'AFP un porte-parole de Belvédère.

Après une perte sans précédent de 178 millions d'euros en 2009, Belvédère a vu ses ventes rebondir d'environ 2% au premier semestre, avec un chiffre d'affaires de 175,8 millions d'euros, grâce aux marchés américain, français et polonais, où il réalise une bonne part de son chiffre d'affaires.

Belvédère, 7e producteur mondial de vodka dont le siège social est à Beaune (Côte-d'Or), emploie 4.700 salariés (dont 700 en France et en Espagne). Il possède notamment Marie Brizard (Manzanita, Curaçao Bleu), les marques de whisky Glen Roger’s et William Peel et de vodka Sobieski et Danska.

Le groupe a été placé en juillet 2008 sous procédure de sauvegarde afin de pouvoir restructurer sa dette.

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