Le taux d'intérêt belge dépasse 4%

Dans le climat de méfiance des investisseurs à l'égard de la zone euro, les pays les plus endettés sont sur la sellette. Et désormais, la Belgique ne fait plus exception à cette règle.

Mardi, le taux d'intérêt des obligations linéaires (Olo) belges à dix ans a dépassé 4%. Il était encore de 3,66% vendredi. Cette hausse de près de 35 points de base (0,35%) en moins de deux jours traduit un durcissement des conditions auxquelles la Belgique peut refinancer sa dette sur les marchés. Autrement dit, la confiance des investisseurs envers la capacité de rembourser de notre pays diminue. La tension sur le taux belge n'avait plus été aussi forte depuis près de deux ans et demi. Il faut remonter à la fin du mois de juin 2009 pour trouver un taux d'intérêt supérieur à 4% pour les Olo à dix ans.

La mesure de l'inquiétude du marché à l'égard de la Belgique est plus pertinente si l'on compare le taux belge à celui du Bund allemand, référence du marché. L'écart entre ces deux rendements constitue la prime de risque qu'exigent les investisseurs pour accepter de prêter de l'argent à la Belgique plutôt qu'à l'Allemagne, considéré comme le pays de la zone euro le plus solide financièrement. Or, cet écart, ou "spread", est quasiment à un niveau record. Ce mardi, il a atteint 137,20 points de base (1,372%), alors que la différence la plus élevée mesurées entre taux belge et allemand était de 137,76 points de base en janvier 2009, peu après la brise bancaire qui avait secoué la Belgique.

Le niveau des CDS (credit default swaps) constitue une autre mesure du risque que représente la Belgique aux yeux des investisseurs. Les CDS sont des contrats qui permettent aux investisseurs de se couvrir contre le défaut de remboursement d'un émetteur obligataire. Plus le prix du CDS est élevé, plus grand est le risque pris en prêtant de l'argent à cet émetteur en achentant ses obligations. Actuellement, le niveau des CDS belges à 5 ans affiche un niveau historiquement élevé. Mardi, il a atteint 202,01 points de base (2,0201%), ce qui signifie que pour se couvrir contre l'insolvabilité de l'Etat belge, un investisseur qui détient pour un million d'euros d'obligations belges doit payer 20.201 euros par an pendant 5 ans. Fin octobre, il pouvait encore se contenter de débourser 11.740 euros annuellement.

Avec une telle dégradation de ses conditions de refinancement, la Belgique subit désormais les mêmes fluctuations que les pays les plus mal en point de la zone euro sur le plan financier. Sans afficher des niveaux de méfiance aussi élevés au la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne et l'Italie, notre pays voit désormais ses indicateurs de risque évoluer dans le même sens que ceux de ces pays en difficulté budgétaire.

Mardi, les taux belges ne sont pas les seuls à s'être tendus. Ceux du Portugal (+4 points de base ou +0,04%), de la Grèce (+7 points de base), de l'Italie (+7), de l'Espagne (+13) et de l'Irlande (+18) ont également grimpé. Mais le taux belge à dix ans est l'un de ceux qui souffrent le plus pour l'instant : sa hausse a atteint 15 points de base mardi.

La hausse du coût du risque de la Belgique a des conséquences directes sur le refinancement de notre dette publique. Mardi, l'Agence de la dette a levé 2,8 milliards d'euros grâce à une vente de certificats de trésorerie à trois et six mois. Mais les coûts d'emprunt déterminés lors de cette opération de refinancement ont grimpé. Les certificats à six mois ont été attribués à un taux de 1%, contre 0,9% lors d'une émission similaire le 2 novembre dernier.

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