Les entreprises japonaises ralenties par la morosité mondiale

Les commandes de biens d'équipement du secteur privé et l'excédent courant du Japon ont chuté en juillet, la morosité de la croissance mondiale pesant sur l'activité d'entreprises convalescentes après le séisme du 11 mars.

Hors compagnies d'électricité et chantiers navals, les commandes de biens d'équipement du secteur privé ont chuté de 8,2% en juillet par rapport à juin, a annoncé jeudi le gouvernement.

Cet indicateur clé de l'investissement des entreprises a fait état d'un recul des dépenses dans les secteurs manufacturiers (industrie du papier, des métaux non ferreux, des instruments de précisions), et dans le secteur non-manufacturier, où les mines, la construction et les services financiers ont restreint leurs achats.

Ces commandes ont évolué en dents de scie depuis le séisme de magnitude 9 et le tsunami géant qui ont fait 20.000 morts dans le nord-est de l'archipel, entraîné un accident nucléaire, endommagé des usines et perturbé les circuits d'approvisionnement des entreprises.

Selon Hidehiko Fujii, économiste à l'Institut de recherche du Japon cité par Dow Jones Newswires, la forte baisse de juillet signale même "une prudence amplifiée par rapport au lendemain immédiat de la catastrophe".

Depuis ce désastre les firmes sont victimes du renchérissement quasi continu de la devise nippone, ce qui lamine leurs marges à l'étranger, ainsi qu'au renforcement des incertitudes sur la croissance mondiale.

Elles hésitent à se lancer dans des dépenses d'investissement, au risque de rendre plus difficile la sortie de récession pour l'économie japonaise qui connaît une phase de décroissance depuis la fin 2010.

Yen fort et conjoncture mondiale mitigée ont aussi entravé les exportations nippones, qui se sont effritées de 2,3% en juillet sur un an, contribuant à réduire de 42,4% l'excédent courant pour ce mois, à 990 milliards de yens (9 milliards d'euros).

Les perturbations sur la production endurées par les entreprises ont limité les ventes vers l'étranger depuis la catastrophe, notamment les livraisons d'automobiles et de composants électroniques.

C'est néanmoins surtout le bond de 13,6% des importations qui a le plus pesé sur les comptes courants de la troisième puissance économique mondiale, lestée d'une facture énergétique alourdie.

En cause, la hausse des prix du brut, du fait des événements au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ainsi que des besoins croissants des pays émergents. L'archipel a importé de surcroît davantage de pétrole et de gaz pour ses centrales thermiques, afin de compenser l'arrêt de la plupart de ses réacteurs depuis l'accident nucléaire de Fukushima.

Outre le surplus de sa balance commerciale réduit à la portion congrue, le Japon a subi la baisse de fréquentation des touristes étrangers, ce qui a doublé le déficit de son compte des services d'une année sur l'autre.

"Nombre de voyageurs n'ont pas spécialement envie de venir au Japon depuis l'accident à la centrale nucléaire de Fukushima", a souligné M. Fujii, pour qui cette tendance devrait se maintenir pendant un moment.

Au final, ce sont les rendements importants de ses investissements à l'étranger, en hausse de 18% sur un an, qui ont permis au pays de limiter le plongeon de son excédent courant.

Meilleur indicateur de la situation d'une économie par rapport au reste du monde, la balance des transactions courantes structurellement excédentaire du Japon assure au pays une situation financière solide, ce qui lui permet de ne pas affoler les marchés malgré un endettement public colossal et une croissance intermittente.

L'ampleur de la chute du produit intérieur brut du Japon au deuxième trimestre, évaluée à 0,3% par rapport au trimestre précédent selon des chiffres préliminaires, pourrait se révéler plus sévère lors d'une révision statistique attendue vendredi.

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