RWE: bénéfice net en baisse mais prévisions confirmées

Le numéro deux allemand de l'énergie RWE a annoncé jeudi un bénéfice net en baisse au premier semestre et moins bon que prévu, mais dépassé les attentes au niveau opérationnel et confirmé ses objectifs 2010.

Le bénéfice net au premier semestre a atteint 2,04 milliards d'euros, en baisse de 8,1% à cause de transactions sur les marchés dérivés de l'énergie, selon le communiqué de RWE. Les analystes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient un bénéfice net de 2,33 milliards, en hausse de 5%.

Le groupe a expliqué ce recul, qui contraste avec de bons résultats opérationnels, par "des activités sur les marchés dérivées destinées à assurer nos positions". Les producteurs d'énergie se servent des marchés à terme de l'énergie pour s'assurer l'achat futur de gaz ou d'électricité à un prix garanti à l'avance, afin de se protéger contre les fluctuations.

RWE a par ailleurs annoncé un chiffre d'affaires de 27,35 milliards d'euros, en hausse de 12,2%. Le marché attendait 26,14 milliards.

La croissance de RWE a été accélérée par l'acquisition de la société néerlandaise Essent, rachetée en septembre 2009 pour 7,3 milliards d'euros et consolidée dans les comptes du groupe allemand depuis le premier trimestre 2010.

Le bénéfice opérationnel de RWE a lui grimpé de 21,4% à 4,96 milliards d'euros. Les analystes tablaient sur 4,56 milliards.

Le groupe a confirmé jeudi ses prévisions pour l'exercice 2010: il table toujours sur une hausse du bénéfice d'exploitation de l'ordre de 5%, un niveau censé se maintenir jusqu'en 2012.

Par ailleurs, RWE a estimé jeudi que la mise en place d'une taxe sur l'énergie nucléaire, à l'étude par le gouvernement d'Angela Merkel, lui coûterait très cher et a emboîté ainsi le pas à son grand rival EON.

RWE juge qu'en l'état actuel du projet, une taxe sur le nucléaire amputerait de 650 millions d'euros son bénéfice net annuel, et de 1 milliard d'euros son bénéfice d'exploitation, selon un document destiné aux analystes financiers.

Elle pourrait aussi obliger le groupe à réduire de 3 à 4 milliards d'euros sa marge de manoeuvre financière pour des investissements, selon la même source.

EON avait lui indiqué mercredi que cet impôt pèserait à hauteur de 1,2 à 1,5 milliard d'euros sur son bénéfice opérationnel annuel.

"Un tel impôt réduirait nettement notre rentabilité et donc aussi notre marge de manoeuvre pour investir dans les énergies renouvelables, dans des centrales à faibles émissions de CO2 et dans des réseaux électriques performants", a menacé le patron de RWE Jürgen Grossmann, cité dans un communiqué.

Il s'est toutefois dit "prêt à partager de manière équitable les bénéfices générés par un allongement" de la durée de vie des centrales nucléaires.

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