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Dexia fait encore pire que prévu--2

Bruxelles (L'Echo) - Difficile à imaginer et pourtant bien vrai: Dexia a fait pire que prévu en 2008. Le 30 janvier dernier, le bancassureur avait averti les marchés: la perte pour le dernier trimestre 2008 se chiffrerait à 2,3 milliards d'euros et celle pour l'ensemble de l'exercice à 3 milliardS. Mais ce jeudi matin, date de publication des comptes annuels du bancassureur, les chiffres présentés par Dexia apparaissent encore au delà du profit warning: une perte comptable trimestrielle de 2,6 milliards d'euros et une perte annuelle de 3,3 milliards (ou 2,54 euros par titre).

Les actionnaires du groupe, qui ont déjà vu leurs actions fondre d'environ 90% sur un an, ne pourront même pas se consoler d'un dividende. Dexia propose en effet de l'annuler et ce "à titre exceptionnel".

LA VENTE DE FSA N'EST PAS ENCORE FINALISEE

L'impact de la crise financière sur la banque franco-belge est donc considérable, conséquence d'un portefeuille riche en actifs toxiques et d'une filiale américaine spécialisée dans le rehaussement de crédit, FSA dont Dexia peine à se débarasser. A ce sujet d'ailleurs, le bancassureur précise dans son communiqué publié ce jeudi avant Bourse, que "la cession de FSA est en voie de finalisation et toujours attendue pour le deuxième trimestre 2009".

Du côté des analystes, on expliquait encore la veille que l'aboutissement de la vente à Assured Guaranty de la filiale américaine du bancassureur dépendra surtout de la prochaine note donnée par Moody's à FSA qui sera elle-même corrélée à la tenue des activités du rehausseur de crédits dans les prochains mois. Les comptes 2008 de Dexia encaissent déjà en tout cas toutes les conséquences comptables de la cession en cours : soit 3,1 milliards d'euros sur une charge négative totale due à la crise financière de près de 5,9 milliards d'euros.

Niveau solvabilité, Dexia s'en sort avec un ratio Core Tier-1 à 9,6%, préservé par l'augmentation en capital de 6 milliards d'euros souscrites par les états belge et français le 30 septembre dernier. Mais à ce niveau encore, les analystes s'interrogeaient : les coûts des garanties d'Etats sont en effet particulièrement élevés et mettent la pression sur les coûts de financement du bancassureur. Or le modèle de Dexia est établi sur des coûts de financement bas ce qui lui a permis jusqu'alors de prêter à des taux intéressants.

UNE STRATEGIE QUI DEVRAIT FAIRE SES PREUVES

« Une crise exceptionnelle a ébranlé Dexia en 2008. Le soutien déterminé des gouvernements belge, français et luxembourgeois au plus aigu de celle-ci a permis au nouveau management de proposer de nouvelles perspectives pour Dexia, recentrées sur ses franchises. Je tiens à les en remercier. Tous ensemble mobilisés autour de ce projet, nous pourrons, j'en suis convaincu, donner un nouvel avenir à Dexia. », explique Jean-Luc Dehaene, président du conseil d'administration. C'est en effet vers la nouvelle stratégie et le plan de transformation du bancassureur que tous les espoirs se tournent. A ce niveau, Dexia parle d'une amélioration de son profil de risque, notamment via la vente de FSA, l'amélioration de sa liquidité, et une réorganisation de ses activités de trading... mais tout ça on le savait déjà. Le bancassureur a également établi un plan d'économies à l'ambition de 600 millions d'ici 2011, dont 200 millions en 2009.

Le management devra donc convaincre car beaucoup trop d'incertitudes demeurent encore autour du bancassureur : pression sur les coûts de financement, pression sur le cours de Bourse, vente conditionnelle de FSA,...

Amandine Cloot

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