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"Les start-up numériques sont les grandes gagnantes de cette crise"

Omar Mohout, Entrepreneurship Fellow au centre de connaissances technologiques Sirris et professeur à l’Antwerp Management School et chez Solvay.

Notre société a subi une importante mise à niveau numérique, ces derniers mois. Selon le professeur Omar Mohout, cette évolution recèle d’énormes chances pour les start-up numériques. Mais les place aussi face à d’immenses défis.

De nombreuses start-up sortent de quelques mois nerveusement épuisants. “Toute start-up cherche à enregistrer la croissance la plus rapide possible, mais c’est nettement plus délicat quand l’accès aux clients se rétrécit et que des secteurs entiers se retrouvent à l’arrêt”, prévient Omar Mohout, Entrepreneurship Fellow au centre de connaissances technologiques Sirris et professeur à l’Antwerp Management School et chez Solvay.

Celui qui compte parmi les plus grands experts de la scène technologique belge entrevoit malgré tout des lueurs d’espoir. “Une transition numérique majeure s’est enclenchée, c’est incontestable. Les achats sur Internet et la signature de contrats en ligne ont le vent en poupe. Cette évolution fondamentale survivra au coronavirus. Et à long terme, c’est une excellente chose pour les start-up technologiques.”

Simultanément, la crise actuelle aidera les start-up à attirer de nouveaux talents. “La catastrophe économique qui s’annonce gonflera le réservoir de talents disponibles”, prédit Omar Mohout. “Ces derniers mois, des gens qui recherchaient la sécurité d’une grande entreprise ont été forcés de constater qu’ils travaillaient pour un géant aux pieds d’argile. De nombreuses personnes prennent conscience que la sécurité n’existe pas, et redécouvrent les avantages d’un emploi au sein d’une start-up ambitieuse qui présente encore des opportunités de croissance.”

Cash is king

La crise sanitaire a par ailleurs rappelé aux starters l’importance de la trésorerie. “Les start-up doivent enregistrer une croissance rapide et souvent globale, ce qui leur impose de s’endetter”, note Omar Mohout. “Mais il est au moins aussi crucial de disposer de réserves qui permettent d’absorber les chocs. Jusqu’il y a quelques mois, il était normal pour une start-up de vouloir grandir coûte que coûte et de financer sa croissance par un endettement très élevé. La plupart ont entre-temps découvert que ce n’était pas une solution. Et c’est une bonne chose.”

Comme toutes les autres entreprises, les start-up se sont retrouvées dans un environnement d’incertitude extrême. “Dans de telles circonstances, l’agilité et la flexibilité constituent des qualités essentielles. Heureusement, ce sont les caractéristiques de nombreuses start-up, qui ont ainsi tendance à prospérer dans des situations telles que celle que nous connaissons aujourd’hui.”

“Les achats sur Internet et la signature de contrats en ligne ont le vent en poupe. À long terme, c’est une excellente affaire pour les start-up technologiques.”
Omar Mohout
Entrepreneurship Fellow au centre de connaissances technologiques Sirris

Cela ne les immunise toutefois pas contre de graves crises. Certains secteurs ont pu en profiter, d’autres ont été frappés de plein fouet. “Les start-up doivent réaliser que cette crise est plus extrême que ce tout ce que nous avons connu jusqu’à présent. Certaines industries ont été purement et simplement rayées de la carte – pensez au secteur événementiel. Plusieurs start-up devront par conséquent réagir rapidement et bifurquer vers un secteur qui recèle encore des possibilités. Ce n’est pas évident. La flexibilité et l’agilité ont leurs limites, elles ne sont pas une garantie de succès futur.”

Subtop européen

Un écosystème florissant s’est développé autour des start-up belges. Pourtant, voici plusieurs années que la Belgique a quitté le Top 10 des pays européens en termes de nombre de starters et de levées de fonds. Si le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne se partagent le podium – ce qui n’est pas une surprise compte tenu de leur produit intérieur brut – le Top 5 est complété par la Suède et la Suisse. “Ces pays montrent qu’il ne faut pas nécessairement être très grand ou très peuplé pour avoir un paysage de start-up prospère”, analyse Omar Mohout. “Nous devons tenter de suivre leur exemple pour retrouver le subtop européen.”

Pour le moment, le financement des start-up ne s’est pas asséché, constate Omar Mohout. Les start-up numériques belges avaient ainsi levé 629 millions d’euros l’an dernier; au terme du premier semestre de 2020, le compteur affichait 297 millions d’euros. “Les start-up numériques qui allient un modèle économique valable et une bonne faculté d’adaptation pourront toujours lever des capitaux. Ce qui n’est pas d’ailleurs pas étonnant à une période où tout l’univers entrepreneurial et la société elle-même traversent une importante mise à niveau numérique. Les start-up numériques capables d’y répondre pourraient être les grandes gagnantes de cette crise.”

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