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Le projet Lazarus apprend aux Louvanistes à boire de manière raisonnable

Cybelle-Royce Buyck, Marc Sabbe et Philippe Vandeuren attaquent de front le problème de la consommation excessive d'alcool dans le cadre du projet Lazarus. ©Studio Dann

D’ici à la fin de 2020, la consommation "irresponsable" d’alcool à Louvain doit baisser d’au moins 10%. C’est l’ambition commune d'AB InBev, de l’UZ Leuven, de la KU Leuven et de la Ville de Louvain, dans le cadre d'une collaboration tout à fait unique.

La surconsommation d’alcool est un problème social complexe. La seule façon de l’aborder est de combiner les forces, les connaissances et les moyens des pouvoirs publics, de l’industrie et du monde académique, estime Philippe Vandeuren, Directeur Europe de l’Ouest du brasseur AB InBev. "C’est selon moi la meilleure et sans doute l’unique manière d'avoir un impact fort sur cette problématique", renchérit Marc Sabbe, médecin urgentiste à l’UZ Gasthuisberg. Ensemble, ils souhaitent décourager et donc réduire la consommation irresponsable d'alcool.

Regard objectif

“Notre mission est de mettre fin à la surconsommation d’alcool et aux dégâts qu’elle provoque."
Marc Sabbe
Médecin urgentiste à l'UZ Leuven

Ces ambitions sont résumées dans "Lazarus, un regard objectif sur la consommation d’alcool", un projet de collaboration de longue haleine entre AB InBev, l’hôpital universitaire UZ Leuven, l’université KU Leuven et la Ville de Louvain. C’est l'un des six projets-pilotes du groupe brassicole, qui vise à réduire la surconsommation d’alcool d’au moins 10% dans six pays (Belgique, États-Unis, Mexique, Brésil, Chine et Afrique du Sud) à l’horizon 2020. Les résultats des recherches, les conclusions et les meilleures pratiques seront ensuite utilisés pour encourager la consommation d’alcool raisonnable dans d’autres villes.

"Notre mission est de mettre fin à la surconsommation d’alcool et aux dégâts qu’elle provoque tant sur les individus que sur la société, et ainsi de convaincre les citoyens de changer de comportement”, résume Marc Sabbe. "Concrètement, nous nous adressons à trois publics-cibles: les lycéens, les étudiants et les personnes à risque élevé d’assuétude."

Ces dernières années, l’UZ Leuven et la KU Leuven ont conduit plusieurs projets et études auprès de ces trois populations. "Nous employons ces connaissances pour mener à bien notre projet" reprend Marc Sabbe. "Elles nous permettent de lancer des initiatives qui favorisent la santé et apportent ainsi une contribution importante au projet. Nous faisons également en sorte que les capitaux investis soient justement répartis entre le lancement d’actions et la mesure de leur efficacité."

Comprendre les conséquences

Le projet Lazarus veut sensibiliser les consommateurs aux dangers de la surconsommation d'alcool sur la santé. ©AB InBev

La collaboration entre Lazarus et la Health House, un centre technologique et interactif axé sur l’avenir de la santé, est un bel exemple de partage des connaissances au sein du projet collaboratif. Les jeunes qui reçoivent une amende pour une infraction liée à l’alcool peuvent opter pour une peine alternative innovante. Celle-ci leur fait prendre conscience des aspects biologiques et psychosociaux de la surconsommation d’alcool, indique Cybelle-Royce Buyck, directrice Corporate Affairs Europe chez AB InBev.

"Les jeunes testent de façon interactive, dans un environnement virtuel, les conséquences d’une consommation excessive d’alcool. Ils réalisent l’impact positif ou négatif, sur eux-mêmes et leur entourage, des décisions qu’ils prennent pendant une soirée typique. L’initiative est totalement axée sur les jeunes de 18 à 25 ans. Accompagnés par des coaches de la Ville de Louvain, les participants se rendent compte, loin de tout paternalisme, des avantages d’une consommation d’alcool modérée."

De plus en plus jeunes aux urgences

Cette approche a été bien accueillie par le public-cible. C’est essentiel si l’on souhaite obtenir les résultats escomptés, souligne Marc Sabbe. "Plus l’enthousiasme est grand, plus nous avons de chances de faire passer notre message et de changer les comportements, ce qui est le but ultime de notre collaboration. Nous ne serons satisfaits que lorsque nous observerons une diminution du nombre d’hospitalisations en urgence dues à une intoxication aiguë à l’alcool. Je ne dis pas que leur nombre est en augmentation, mais les cas sont plus graves qu’auparavant. Et les patients sont de plus en plus jeunes."

Promenade avec des lamas

Autre exemple de réussite de cette collaboration : l’initiative de LOKO, l’organisation faîtière des étudiants louvanistes. Au cours de l'opération “The Morning After Fun” en octobre dernier, les étudiants sobres ont pu participer à toutes sortes d’activités. "Ceux qui désiraient participer devaient d’abord subir un test d’alcoolémie", se souvient Philippe Vandeuren. Ceux qui n’étaient pas ivres après une nuit de guindaille avaient la possibilité de prendre part – entre 7 et 10 heures du matin – à des activités amusantes, telles qu'une promenade avec des lamas, un concert de musique, des séances de gymnastique matinale avec une célébrité... Nous avions préparé ces activités avec les étudiants eux-mêmes : tout s’est donc déroulé à merveille. Cette campagne couronnée de succès fait encore l’objet de partages sur les réseaux sociaux. Nous avons la ferme intention de renouveler l’expérience l’an prochain."

Dépasser les objectifs

Le projet Lazarus a démarré l’an dernier par une enquête préliminaire indépendante conduite auprès de 1.113 habitants de Louvain. Les résultats ont servi de référence sur la consommation d’alcool en milieu urbain. L’étude offre en outre une base afin de déterminer, en 2020, si les initiatives développées par les partenaires ont effectivement permis de réduire la surconsommation d’alcool d’au moins 10%. Marc Sabbe est convaincu que l’objectif sera dépassé : "2019 sera une année charnière pour le projet Lazarus. Nous allons mettre en place de nombreuses initiatives élaborées au cours des derniers mois. Après 2020, nous lancerons les initiatives les plus efficaces dans d’autres villes. Pour ce qui concerne l’UZ Leuven, ce projet ne s’arrêtera pas en 2020. La collaboration se poursuivra avec le même objectif."

"Smart Drinking goals"

"AB InBev investit 1 milliard de dollars en sensibilisation pour réduire les consommations problématiques".
Cybelle-Royce Buyck
directrice Corporate Affairs Europe chez AB InBev

Le groupe AB InBev voit lui aussi les choses à long terme. Le géant brassicole s’est fixé d’autres "Smart Drinking Goals" en dehors du projet Lazarus. "D’ici à 2025, quelque 20% de notre volume de production devra se constituer de bières NABLAB (No-Alcohol Beer ou Lower-Alcohol Beer), qui contiennent entre 0 et 3,5% d’alcool", précise Philippe Vandeuren. "Nos actions dans ce domaine visent essentiellement à faire changer les mentalités et les comportements des consommateurs."

AB InBev place notamment sur les emballages des pictogrammes encourageant une consommation modérée d’alcool. "C’est aussi une forme d’approche scientifique : tout comme dans le projet Lazarus, nous fondons l'ensemble de nos interventions sur des recherches empiriques”, poursuit Cybelle-Royce Buyck. "Tous nos efforts de sensibilisation s’appuient sur des données scientifiques, nous combinons ensuite ces connaissances à notre force de frappe, qui est considérable. Par exemple, AB InBev a décidé d’investir 1 milliard de dollars dans des campagnes de sensibilisation pour réduire les consommations problématiques."

Collaboration avec les généralistes

Sous la direction de l’Academisch Centrum Huisartsgeneeskunde (Centre universitaire de médecine générale), le projet Lazarus a mis en place un projet de collaboration avec les médecins généralistes, les étudiants en médecine et les médecins urgentistes des deux services d’urgence de l’UZ Leuven. Le but : conseiller et traiter les patients présentant des risques pour leur santé dus à une consommation excessive d’alcool. Les médecins reçoivent une formation spécifique et utilisent systématiquement une check-list pour évaluer la consommation d’alcool. Les résultats de ce projet-pilote feront bien entendu l’objet d’une étude afin d’en mesurer l’impact.

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