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Dangereux, le prêt de titres? Déconstruisons quelques mythes

©Shutterstock

Le prêt de titres fut longtemps l’apanage des grands acteurs financiers. Désormais, le particulier a lui aussi accès à ce marché lucratif… même si de nombreux malentendus dissuadent encore les investisseurs de franchir le pas. Il est temps de séparer les faits des contes de fées.

1. “Le prêt de titres, c’est réservé aux très gros capitaux”

Indirectement, de nombreux investisseurs particuliers prêtent déjà des titres, souvent sans le savoir. Par exemple, lorsque vous investissez en trackers (instruments financiers qui suivent des indices) ou en fonds d’investissement non cotés en Bourse, il y a de fortes chances que votre gestionnaire prête une partie des actions et/ou obligations du fonds à des tiers. Outre les gestionnaires de fonds, les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les courtiers sont d’importants acteurs du marché du securities lending.

Ce marché est longtemps resté inaccessible aux investisseurs moyens. Car le prêt de titres est rémunéré, et les institutions financières préféraient se réserver cette rémunération. Un mouvement de démocratisation semble toutefois s’être amorcé récemment. BinckBank a fait office de pionnier en Belgique en proposant le prêt de titres à ses clients. Ceux-ci ont ainsi la possibilité d’engranger un rendement sur les titres qu’ils prêtent. Plusieurs banques suivent dorénavant cet exemple… plutôt à contrecœur.

Le prêt de titres consiste à prêter des titres que vous possédez contre une rémunération que vous recevez de l’emprunteur. En tant que prêteur, vous bénéficiez également d’une garantie – sous la forme d’autres titres (ou de liquidités) – dont la valeur est supérieure à celle des titres prêtés.

 

2. “Les titres prêtés intéressent surtout les shorters, dont le but est l’effondrement de mes actions”

Plusieurs parties peuvent emprunter vos actions: intermédiaires financiers, traders, arbitragistes, etc. Ils les utiliseront notamment pour assouplir le règlement de transactions sur titres ou pour couvrir certaines positions (en produits dérivés ou non). Banques et courtiers peuvent par ailleurs emprunter des titres afin de maintenir un volume d’instruments financiers négociables (“liquidité”) suffisant sur certains marchés. Et il existe d’autres raisons encore, plutôt techniques, à l’existence d’un marché pour le prêt de titres.

Les spéculateurs qui parient sur une baisse du cours (“shorters”) empruntent également des titres pour couvrir leurs positions. Mais ils ne constituent qu’une petite minorité des emprunteurs. Malheureusement, les médias ont tendance à amplifier leur rôle. Le malentendu selon lequel le prêt de titres est le terrain de jeu exclusif de ces shorters dissuade de nombreux investisseurs de prêter des titres, et c’est regrettable.

 

3. “Une fois que je les aurai prêtés, je ne sais pas quand je reverrai mes titres”

La durée de prêt peut considérablement varier, d’une journée à quelques semaines, voire plusieurs mois. Même si vous les avez prêtées, vous pouvez toujours vendre vos actions à n’importe quelle séance. En coulisse, les titres prêtés seront récupérés afin qu’ils puissent être livrés à vos acheteurs. Le prêt de titres repose sur des contrats résiliables chaque jour.

Le malentendu selon lequel le prêt de titres est le terrain de jeu exclusif des shorters dissuade de nombreux investisseurs de prêter des titres.

 

4. “Si je prête des actions, je ne perçois plus le dividende”

Vous prêtez des titres qui versent des dividendes? Vous ne perdez pas ces revenus. Bien que, techniquement, le dividende soit versé à l’emprunteur, vous restez propriétaire de l’action et donc du dividende.

 

5. “Le risque est très élevé par rapport au rendement”

Le marché du prêt de titres est actif 365 jours par an. Pour chaque action que vous prêtez, vous percevez une rémunération journalière. Vous pouvez donc en tirer un rendement toute l’année – y compris le week-end et les jours fériés. La rémunération que vous percevez dépend de l’offre et de la demande. Elle sera plus élevée si la demande est forte que si elle est réduite. Il est même possible qu’il n’y ait pas du tout de demande pour les actions que vous désirez prêter. Dans ce cas, vous ne recevrez pas de rémunération, mais vous ne courrez aucun risque supplémentaire.

En prêtant des titres, vous vous exposez à un risque de contrepartie. C’est le risque que l’emprunteur des actions ne puisse pas vous les restituer. Dans ce cas, le prêteur vendra la garantie fournie par l’emprunteur, tandis que le produit de la vente sera utilisé pour racheter des titres sur le marché. C’est la raison pour laquelle la valeur de la garantie dépasse celle des titres prêtés.

Dans le cas concret de BinckBank, la banque est toujours l’emprunteur de vos titres. Et BinckBank offre une garantie de 105% au cas où la banque ferait faillite. Pour l’investisseur, le seul risque est donc que BinckBank fasse faillite et que la garantie de 105% s’avère insuffisante pour pouvoir racheter les titres prêtés sur le marché. Un scénario très peu réaliste.

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