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La gestion de fonds passée au crible des statistiques

Une étude réalisée en 2013 pour la fondation de recherche du CFA Institute (Etats-Unis) s'inscrit dans une longue série de publications arrivant à la même conclusion : placer de l'argent dans un fonds "classique" est rarement une bonne idée. Au sein de ces fonds, la gestion est dite "active", avec un ou des gestionnaires rémunérés pour dénicher les valeurs qui feront mieux que le marché.

Identifier ces pépites nécessite un travail de recherche en profondeur : analyse des tendances économiques et financières, fine connaissance des marchés, des secteurs, etc. On pourrait croire que se fier à de tels choix informés constitue le meilleur moyen d'obtenir une bonne rentabilité de ses investissements. Pourtant, les statistiques démontrent obstinément le contraire : la majorité des managers de fonds "actifs" obtiennent des rendements inférieurs à ceux du marché. Autant, dès lors, miser sur les fonds dits "indiciels", qui se contentent de reproduire la composition des indices boursiers (comme le MSCI pour les Bourses mondiales, le S&P 500 américain ou le Dax allemand). Cela semble aller contre toute logique, à première vue : celui qui reste tranquillement assis à ne rien faire est plus performant que son concurrent, qui se renseigne tous azimuts, prévoit, calcule, anticipe... Et pourtant, en Bourse, c'est statistiquement le cas.

En 1991, un professeur émérite de finance de l'université de Stanford, William Sharpe,  avait résumé le problème très simplement : l'investissement est un jeu à somme nulle (pour que certains gagnent, il faut que d'autres perdent, dans des proportions équivalentes). Donc si des gestionnaires de fonds "actifs" - ceux censés choisir soigneusement les valeurs qu'ils détiennent en fonction d'une stratégie prédéfinie - font mieux que le marché, c'est nécessairement au détriment de certains de leurs pairs. Le rendement du marché n'est que le cumul de tous les rendements des investisseurs, donc le gestionnaire actif moyen obtiendra des retours comparables à ceux d'un gestionnaire passif, mais à des coûts plus élevés. En d'autres termes, si l'investisseur prend en compte ces coûts, il aura forcément intérêt à aller vers une gestion passive.

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Avant et après William Sharpe, remarquait en octobre dernier le Financial Times, de nombreux chercheurs sont parvenus à des conclusions équivalentes. Pour n'en citer que quelques-uns : Mark Carhart, de l'université de Californie, en 1997, Eugene Fama et Kenneth French en 2010, Miguel Ferreira en 2012... Le fait est qu'en plus des frais de gestion à proprement parler, les coûts de transaction font facilement grimper la facture à 2 % des sommes placées, voire plus. Plus de 20 fois les commissions moyennes de fonds indiciels (donc de la gestion " passive ").

L'investisseur pourrait en conclure qu'il doit chercher les managers performants, pour se retrouver "du bon côté" du marché. Un raisonnement logique, mais qui, dans la majorité des cas, se heurte encore aux statistiques. Une étude menée cette année par la firme d'analyse Vanguard le confirme : sélectionner les gestionnaires de fonds en fonction de leurs performances des années écoulées n'est pas une bonne stratégie. Car ces rendements passés ne sont pas de bons indicateurs de ceux que réserve l'avenir. Au contraire : statistiquement, un manager qui a bien " battu " le marché pendant deux ou trois ans va voir ses rendements décliner. Sauf s'il fait partie de la poignée de stars qui alignent les années, voire les décennies, de rendement supérieurs au marché...

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