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Les données, un capital qui devrait être intégré au bilan

Gianni Cooreman et Mathias Coopmans. ©Dieter Telemans

Les entreprises stockent des quantités croissantes de données mais ne les utilisent souvent que pour satisfaire aux dispositions légales et réglementaires. Or les banques de données recèlent une énorme valeur ajoutée. Seuls ceux qui en sont conscients pourront de mieux en mieux exploiter ce capital. Ils feront cela de préférence dans le cadre d’une approche stratégique adéquate. Et ainsi intégrer logiquement la valeur des données à leur bilan, puisqu’elles contribuent aux performances financières de l’entreprise.

Dans le sillage de la crise financière, de plus en plus de règles sont imposées aux entreprises, imposant une augmentation du stockage de données et de l’utilisation de celles-ci. Ce phénomène ne se limite pas au secteur des assurances - avec les normes Solvabilité II - et au monde des banques - avec Bâle III. " Ainsi les entreprises pharmaceutiques doivent-elles désormais communiquer toutes leurs dépenses en faveur des médecins ", explique Gianni Cooreman, Business Consultant chez SAS.

" Comme la plupart des entreprises et organisations sont encore incapables de chiffrer précisément la valeur des données, elles ne maitrisent pas pleinement leur potentiel. Ce qui freine la réflexion stratégique et la prise de décision. Cela dit, on constate depuis quelques temps, que certaines entreprises développent une stratégie “data driven”, c’est-à-dire fondée sur leur connaissance des données. Ce type de stratégie doit contribuer à l’amélioration des performances financières. Une approche intelligente de données peut par exemple déboucher sur une amélioration du vécu du client - la “customer experience” - ou sur une nette réduction des coûts. "

La valeur des données

L’entreprise de courrier UPS a réalisé un grand projet big data visant à exploiter toutes les données collectées de tous ses véhicules. L’objectif était d’optimiser les itinéraires de distribution. " L’opération a permis d’économiser 32 millions de litres de carburant et 140 millions de kilomètres par an. Bien entendu, la valeur des données est également très visible dans des entreprises comme Facebook ou LinkedIn. Leur valeur repose presque exclusivement sur celle de leurs données, qu’elles commercialisent d’ailleurs. Il est dès lors normal que ces données figurent au bilan. Cependant, des entreprises très différentes aussi s’intéressent de plus en plus à leurs données. Prenez le secteur de l’énergie. Des mesures intelligentes apportent une valeur ajoutée, car elles permettent de mieux répondre aux habitudes de consommation des clients ", explique Mathias Coopmans, Business Consultant au SAS.

Malheureusement, de nombreuses données restent enfermées dans des silos au sein des différents départements de l’organisation, remarque Coopmans. " Nous aidons volontiers les entreprises à combiner ces données de manière à créer une valeur ajoutée par le biais d’une stratégie de gestion multicanal. Les bancassureurs, par exemple, ont encore trop tendance à conserver leurs données séparément, par produit ou groupe de produits. Ils manquent ainsi une occasion de créer de la valeur. La plupart des administrations publiques pourraient également mieux exploiter leurs données au profit des citoyens et de leur propre valeur ajoutée, en les regroupant ", affirme Coopmans.

Selon une récente étude intitulée “Data on the Balance Sheet”, la capitalisation de la valeur des données a un impact positif qui dépasse les intérêts immédiats de l’entreprise. La gestion des données devient un composant supplémentaire dans la mise en oeuvre de la stratégie. " Nous sommes confrontés au fait que la plupart des méthodes comptables ne tient pas encore compte du capital des ‘données’ en tant que valeur. D’autant plus que cette valeur est parfois très fluctuante : vos données peuvent fournir des informations que vos concurrents n’ont pas, avec comme corollaire, que le jour où ils les acquièrent, elles perdront une grande partie de leur valeur. Les données sont de toute manière des actifs plus volatils, notamment en raison du rôle croissant des médias sociaux ", explique Gianni Cooreman.

L’étude précitée propose trois méthodes pour enregistrer la valeur des données au bilan, indique Mathias Coopmans. " Tout d’abord, les coûts générés pour la collecte des données forment une indication utile, même si elle est limitée. Deuxièmement, on peut extrapoler les bénéfices de l’usage de ces données. Une troisième méthode consiste à estimer la valeur des données dans l’hypothèse d’une commercialisation. Il ne faut toutefois pas oublier d’intégrer également certains coûts car bien souvent, il faut investir dans l’infrastructure et dans des compétences supplémentaires pour pouvoir exploiter les données de manière optimale. Quoi qu’il en soit, une estimation de la valeur des données est toujours un exercice utile. En effet, dès que vous avez identifié les composants de cette valeur, vous pouvez mettre en oeuvre les différentes actions pour pouvoir augmenter cette valeur. "

Une stratégie qui rapporte

Comment accroître la valeur des données ? " Tout d’abord, il faut que le CEO en soit conscient et qu’il ait la volonté de développer une stratégie pour les données de l’entreprise", affirme Gianni Cooreman. " De préférence, il se demandera si des moyens suffisants sont disponibles pour maximiser le potentiel et l’utilisation des données. Souvent, c’est une inconnue. Il est également fondamental que le Comité de Direction établisse les liens entre la bonne gestion des données et la réalisation des projets stratégiques repris à l’agenda.

La prise de conscience de la direction est un point clé dans la mise en oeuvre de ce processus. Il faut également nommer un responsable de suivi de la qualité et de la gestion des données. A plus long terme, ce sera même un membre du Comité de Direction. Le management opérationnel a aussi besoin des outils et des instruments pour pouvoir extraire plus de valeur des données déjà existantes au sein de l’entreprise. On voit déjà certaines organisations utiliser des applications pour exploiter de façon optimale leurs données existantes pour contribuer au développement de nouveaux produits ou services. Une révolution n’est pas indispensable. Même dans les PME on peut développer progressivement la valeur des données. "

Les conseillers de SAS constatent que la gestion de données est encore trop souvent considérée et traitée comme une matière purement technique.

" La gestion des données et la stratégie de l’entreprise doivent aller de pair. Par conséquent, les données doivent également avoir un rôle central dans l’entreprise. On ne peut en laisser la responsabilité uniquement au département informatique. "

Six effets d’une gestion des données présente au bilan

  1. L’organisation apprend à estimer la valeur des données, au propre comme au figuré.
  2. La direction dispose d’une bonne base pour exploiter délibérément les données afin d’en augmenter la valeur.
  3. Ceux qui savent ce qui donne de la valeur aux données connaissent également la voie à suivre pour augmenter cette valeur.
  4. C’est comme dépoussiérer et faire briller un trésor caché : vous donnez une dynamique supplémentaire à vos performances financières. 5L’intégration et la combinaison de données qui figurent dans les différents silos de l’organisation ouvre souvent la voie au développement de nouveaux produits et services.
  5. Les données ne sont plus un simple " instrument de travail " du département informatique, mais elles deviennent un atout pour l’ensemble de l’organisation.
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