reportage

Des robots aux éoliennes

©DEME

DEME travaille à la technologie du futur

30 tonnes, 100 mètres de hauteur… et 1 centimètre de jeu

Avec plusieurs partenaires, DEME a développé un robot capable d’installer des éoliennes en pleine mer rapidement et avec une grande précision, même dans la tempête.

DEME jouit d’une grande expérience de l’éolien offshore. En Belgique, le groupe était l’un des initiateurs de C-Power, le premier parc éolien au large de la côte belge, inauguré en 2013. L’avantage de l’offshore? L’énergie ne coûte presque plus rien une fois la construction terminée. DEME recherche sans cesse des possibilités de réduire les frais de construction. La principale innovation provient peut-être de High Wind, un consortium qui investit dans des robots capables d’installer des éoliennes en pleine mer même par tempête.

Ce qui n’est pas évident. Une pale d’éolienne est en effet conçue pour interagir avec le vent. Une pale de 30 tonnes doit être placée avec une grande précision à 100 mètres de hauteur. Le robot High Wind résout ce problème en fixant la pale sur la flèche de la grue. De plus, la durée de l’installation est réduite. Au début de l’année, DEME a testé un prototype de robot au large d’Ostende. Actuellement, le robot est actif dans la construction d’un parc éolien complet. Outre la filiale GeoSea de DEME, High Wind comprend les entreprises d’ingénierie Alstom, Egemin et SBE, les groupes sidérurgiques Iemants et G&G et la PMV (Participatie Maatschappij Vlaanderen).

Éoliennes sous l’eau

L’énergie bleue présente un énorme potentiel. DEME met tout en oeuvre pour combler le retard technologique par rapport à l’énergie éolienne.

Si les quelque 3.500 habitants d’Islay peuvent se targuer d’une certaine notoriété mondiale, ils le doivent au célèbre Islay Malt Whisky, produit par les huit distilleries de cette petite île d’Écosse. Il se pourrait qu’elles le fassent bientôt avec l’électricité provenant de l’énorme source d’énergie dont l’île est entourée. Le groupe de dragage et d’environnement DEME étudie en effet les possibilités de l’énergie marémotrice dans la zone maritime proche sur laquelle il possède une concession.

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‘Aujourd’hui, ces distilleries fonctionnent surtout avec du carburant lourd apporté par navire’, indique Joury Van Gijseghem, responsable du département Énergie bleue chez DEME. ‘Or, vu la nécessité de réduire les émissions de CO2, elles doivent rechercher d’autres sources d’énergie.’ Avec le spécialiste irlandais de l’énergie renouvelable DP Marine Energy, DEME Blue Energy développe deux projets d’énergie bleue au large de la Grande- Bretagne, dont un à proximité d’Islay. On y étudie surtout le concept des ‘éoliennes sous-marines’.

L’idée est d’utiliser les courants provoqués par les marées montantes et descendantes pour faire tourner des turbines sousmarines. Au large d’Islay, DEME planifie un projet d’énergie marémotrice de 100 mégawatts par des turbines dotées d’un axe horizontal et de trois pales, montées soit sur une tour fixe, soit une structure flottante si la profondeur dépasse 40 mètres. ‘Nous sommes toujours en train d’élaborer le business-case’, précise Joury Van Gijseghem. ‘La technologie n’est pas encore parvenue à maturité. L’énergie bleue a 15 ans de retard sur l’énergie éolienne offshore, mais nous y croyons fermement.’

Naviguer au gaz naturel liquide

DEME est en train de construire des navires qui seront propulsé par du gaz naturel liquide… mais attend des stations-service. ‘Cela peut sembler arrogant mais nous allons parfois trop vite pour le reste du marché!’, sourit Jan Gabriël.

Malgré le récent effondrement des cours du pétrole, le carburant demeure un poste de coûts opérationnels important pour DEME. Toutes les mesures permettant d’économiser du carburant restent dès lors cruciales, souligne Jan Gabriel, à la tête de la division Construction. ‘De plus, les émissions de CO2 sont directement proportionnelles à la consommation de carburant. Et nous avons une politique drastique de réduction de ces émissions.’

Les navires DEME ont énormément gagné en efficacité ces 30 dernières années, affirme Jan Gabriël. ‘La consommation de carburant nécessaire pour draguer et déplacer un mètre cube de sable de l’Escaut a baissé de 30% durant cette période. Notamment grâce à de meilleurs moteurs, de meilleures hélices et de meilleures pompes. Mais aussi parce que le poids de ces navires a diminué de 20%.’ Les gains d’efficacité résident également dans de petites choses, comme la récupération de l’énergie provenant de la chaleur des gaz de fumée. En outre, l’entreprise demeure attentive aux possibilités de l’énergie verte. Ainsi le navire jack-up Apollo est-il équipé de panneaux solaires et de petites éoliennes qui récupèrent une partie de la consommation d’énergie.

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L’énergie éolienne ne suffit cependant pas pour déplacer un navire. DEME a cherché à déterminer si les kites – de grands cerfs-volants capables de tirer un navire – pouvaient être une solution, mais ce n’était pas le cas. ‘Les distances que nous parcourons sont trop réduites pour en tirer réellement profit’, explique Joury Van Gijseghem, General Manager de DEME Blue Energy. ‘De plus, nous naviguons souvent à proximité de grues ou d’éoliennes, et le cerf-volant n’est pas ce qu’il y a de plus pratique dans de telles conditions.’ (Il rit.) Le dragueur nourrit d’autres projets dans lesquels il croit davantage. Il construit ainsi, en Espagne, un navire câblier capable d’utiliser deux carburants: du diesel et du gaz naturel liquide. ‘Le GNL ne contient presque pas de soufre, d’azote ou de particules fines’, énumère Jan Gabriël.

Pourquoi le navire ne fonctionne-t-il pas uniquement au GNL? ‘Actuellement, il manque des stations-service et des bateaux (d’approvisionnement) capables de livrer du GNL’, selon Jan Gabriël. ‘En Belgique, par exemple, il n’y a aucun endroit où nous pourrions nous approvisionner.’

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