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"Sans concertation sociale, il n'y a pas de politique possible"

©rv

Kris Peeters, ministre fédéral de l’Emploi, insiste : la concertation sociale doit et va reprendre. Il explore les possibilités de lui donner un nouvel élan.

Vous soulignez souvent l’importance de la concertation sociale. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

Kris Peeters : à nos yeux, la concertation sociale est indispensable si l’on veut mener une politique soutenue par les partenaires sociaux et la population belge dans son ensemble. En effet, ils assument plus facilement la responsabilité d’un projet s’ils ont eu leur mot à dire. Sans concertation sociale, il n’y a donc pas de politique possible. Les employeurs et les travailleurs doivent pouvoir avoir confiance dans le fait que leur participation compte. C’est la seule façon d’y parvenir.

La concertation sociale a été chahutée ces dernières années. Pourquoi selon vous ?

Kris Peeters : Il règne une certaine tension entre les travailleurs et les employeurs, c’est vrai. Mais ce n’est pas forcément négatif. Les deux parties  créent une certaine forme d’équilibre car ils recherchent ensemble des solutions. La concertation sociale a de nombreux visages, de nombreuses sensibilités. C’est une richesse. Rien que ces derniers mois, les partenaires sociaux ont conclu plusieurs accords à l’unanimité. Cet excellent résultat témoigne d’un grand sens des responsabilités. Il démontre l’importance du rôle des partenaires sociaux.

La concertation sociale encourage-t-elle encore la croissance, l’emploi et la compétitivité ?

Nous devons renouveler notre modèle de croissance économique et sociale
Kris Peeters
ministre fédéral de l'Emploi et de l'Economie

Kris Peeters: Nous devons renouveler notre modèle de croissance économique et sociale. Il manque de compréhension mutuelle, et les partenaires oublient parfois que leurs intérêts sont communs. Une bonne compétitivité garantit davantage d’emplois. Des revenus significatifs créent une demande. Les partenaires sociaux détiennent des leviers importants : concertation salariale, accords sur la formation, conditions de travail… Tous ces thèmes déterminent la quantité et la qualité des emplois.

Faut-il réformer la concertation sociale ? Et comment ?

Kris Peeters: La concertation sociale s’est déjà modernisée et affinée, mais elle s’est également complexifiée. Il faut une vision plus globale, une approche plus générale. Une concertation sociale moderne doit permettre d’assembler les pièces de différents puzzles et de renforcer mutuellement les acteurs. C’est pourquoi nous avons travaillé ces derniers mois en "cercles concentriques", en évoluant lentement vers des dossiers plus complexes. Nous avons ainsi d’abord par exemple finalisé la longue discussion quant au statut unique uvriersemployés, pour aborder ensuite l’enveloppe bien-être sur l’augmentation des allocations les plus basses, et enfin aboutir à la discussion relative au saut d’index.

Quel est le rôle réservé aux partenaires sociaux et au gouvernement ?

Kris Peeters: Dans les entreprises, nous devons évoluer vers la " Mitbestimmung ", le modèle allemand de cogestion, sans le reprendre aveuglément. Dans un tel modèle, l’employeur voit son collaborateur comme son capital social, alors que chaque travailleur fait preuve de responsabilité et profite de l’essor de l’entreprise. Au niveau sectoriel, je remarque que les lignes de séparation entre les secteurs classiques s’atténuent et je plaide pour une nette réduction du nombre de commissions paritaires. Au niveau interprofessionnel, nous devons donner de l’autonomie au Groupe des Dix et respecter les accords qui y sont trouvés. Le gouvernement montre une direction, mais ce sont les acteurs socio-économiques qui sont les plus à même d’en mesurer l’impact. C’est pourquoi il est si important qu’ils portent les décisions. C’est la meilleure stratégie à long terme.

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