Les jeunes préparent la relève

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Dans les sociétés familiales, la génération montante est consciente de sa chance, mais aussi des défis qu'elle devra relever. Qu'ils soient enfants ou arrière-petits-enfants des fondateurs, les jeunes évoquent l'attachement profond à l'entreprise avec laquelle ils ont grandi. Ils sont lucides, ambitieux, et déterminés à poursuivre l'aventure.


Après des études de marketing à Liège, Anne Stassen, 27 ans, a rejoint l'entreprise familiale Neobulles voici un an et demi. "Je ne voulais pas en rater une minute", résume-t-elle en riant. Elle décrit à quel point la société fait partie de sa vie depuis sa naissance.


Stassen est le nom de son arrière-grand-père qui a fondé la cidrerie aubeloise. En juin 2012, l'entreprise Stassen est entrée dans le giron de Heineken. En septembre 2014, le père de la jeune femme, Philippe Stassen, rachète au groupe néerlandais les trois marques principales "non-cidre": Kidibul, Vintense et Vivaro. Le début d'une nouvelle aventure avec, au démarrage, seulement six salariés, anciens de Stassen.

"Mon père aurait préféré que je fasse mes armes dans d'autres sociétés", confie Anne Stassen. "Mais mon désir de m'impliquer dans Neobulles était trop grand, du coup, je me suis franchement imposée, d'abord pour donner des coups de main partout où je pouvais, puis au service marketing. Il faut dire que Kidibul a accompagné toute mon enfance; à chaque anniversaire, je voyais le château gonflable Kidibul. Le samedi, mon père m'emmenait à l'usine, je connaissais le personnel. Je n'ai pris conscience du fait que c'était notre entreprise que vers 13 ou 14 ans. Pour moi, la société est tissée dans le quotidien de notre famille, ce ne sont pas que des produits." L'avenir à long terme? Anne Stassen l'envisage sereinement. "Ce n'est pas tabou, mais implicite: mon frère et moi-même savons que notre père voudrait que nous prenions sa suite, il est heureux de nous mettre le pied à l'étrier, et nous d'apprendre. Travailler ensemble est motivant, nous ne sommes que 20 dans l'entreprise, et la composante familiale assure une stabilité très appréciée. Le plus? Je dirais que nous nous autorisons à suivre notre instinct."

A cinq ans, je voulais décharger les camions" 

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Après 18 mois à Paris chez Natixis, où il s'occupait de gestion de portefeuille, Amaury Gilliot, 24 ans, a rejoint l'entreprise familiale Noukie's en septembre dernier. Une suite logique pour ce jeune homme qui s'est toujours senti "une grande affinité" avec la société fondée par ses parents, Katia De Paepe et Simon-Pierre Gilliot.


"Juste après la création de l'entreprise, quand les premiers camions de livraison des produits arrivaient, je me précipitais, car je voulais aider à les décharger", se remémore Amaury Gilliot, aujourd'hui chargé du réseau de boutiques en Belgique et en France. "Je n'avais que cinq ou six ans, et déjà, je posais plein de questions à mes parents sur Noukie's. Par la suite, à partir de mes 15 ans, j'ai demandé à travailler le week-end et en stage dans la société, en passant par tous les départements."

Le jeune homme insiste sur le fait qu'il n'a ressenti aucune pression à rejoindre l'entreprise de la part de ses parents: "C'est pour cela qu'on s'entend bien! A mon sens, forcer des enfants à s'engager dans cette voie serait une erreur."

"On vous juge davantage"

Être le fils des patrons, est-ce compliqué? "On vous écoute davantage, on vous juge aussi davantage. J'estime n'avoir pas plus de droits que les autres employés et je suis exigeant avec moimême." L'avantage des entreprises familiales, pour Amaury Gilliot, réside dans leur vision à long terme. Et justement, son avenir, il le voit chez Noukie's, où il se réjouit d'avoir "pas mal de responsabilités, et beaucoup de choses à apprendre".

Mais il s'empresse d'ajouter qu'il est trop tôt pour parler de succession: "Il faut en être capable, et en avoir envie. De toutes façons, j'ai une soeur et un frère, nos parents sont en pleine forme et ont envie de continuer, la question n'est pas taboue, mais elle est loin de se poser pour le moment!"

La question de la succession n’est pas taboue, mais elle est loin de se poser pour le moment.
Amaury Gilliot, Noukie’s

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