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“Le métavers sera une réalité, quoi qu’il arrive”

L'internet tel que nous le connaissons sera remplacé dans les années à venir par un monde virtuel qui correspondra étroitement à son équivalent physique, préviennent Patrick Rottiers et Thierry Mortier, respectivement CEO et Global Digital & Innovation Lead for Energy chez EY Belgium.

Un certain nombre d'innovations ont vu le jour voici une trentaine d'années. Des innovations qui constituent encore et toujours les fondements de votre façon de surfer: vous regardez un écran sur lequel vous faites défiler ou glisser du texte, des photos et des vidéos en deux dimensions. En cliquant sur des liens ou en tapant une URL, vous accédez à un autre site où vous interagissez de la même manière. Bien que cette recette éprouvée puisse être appliquée de nombreuses années encore, certains voient se profiler une forme totalement inédite: le métavers.

Lunettes 3D

Une innovation dont Mark Zuckerberg est tellement fan qu'il a rapidement rebaptisé sa société Meta. “Le métavers s'appuie sur diverses technologies qui ont émergé ces dernières années: outre l'internet, je pense principalement à la réalité augmentée (RA) ou virtuelle (RV), à la distributed ledger technology (un réseau de systèmes interconnectés, NDLR) et au Web 3.0”, souligne Thierry Mortier, responsable mondial de la numérisation et de l'innovation dans le secteur de l'énergie et des ressources chez EY. Réfléchir à l'impact du métavers est donc son lot quotidien.

wavespaceTM

EY dispose de wavespaces dans le monde entier, des hubs où les entreprises peuvent
s’initier aux technologies innovantes. Un de ces wavespaces se situe à Anvers,
où l’on découvre physiquement ou virtuellement le rôle que les données, la
RV et la RA joueront à l’avenir. Aux yeux d’EY, c’est l’endroit idéal pour explorer
le potentiel du métavers en compagnie d’autres entreprises et experts.

“Au départ, l'internet était un trafic à sens unique, mais avec l'arrivée du Web 2.0 au début des années 2000, la donne a changé. Les gens pouvaient désormais publier eux-mêmes des mises à jour ou discuter avec d'autres personnes. Nous le faisons sur des plateformes intermédiaires comme Facebook et Twitter, ce qui présente des avantages et des inconvénients. À l'avenir, le contrôle et le pouvoir reviendront davantage aux utilisateurs finaux.”

Vous voulez en savoir plus sur ce qu’est le métavers et comment y réagir? Écoutez “En clair: le métavers”: un podcast de L’Echo avec le soutien précieux de EY.

Cette technologie est l'un des éléments constitutifs du métavers, un monde en 3D dans lequel les gens peuvent se promener en portant des lunettes intelligentes, par exemple. “Dans cet univers virtuel, vous pouvez interagir avec les autres utilisateurs via votre avatar”, précise Patrick Rottiers, CEO d'EY Belgium. “Il existe un lien avec le monde actuel, car dans le métavers, vous pouvez créer des copies numériques d'objets existants. L'un des grands obstacles qui restent à abattre est l'interopérabilité, car il y aura plusieurs métavers. On trouve déjà un certain nombre de plateformes que l'on pourrait considérer comme relevant du métavers mais elles ne sont pas encore interconnectées. Or, à l'avenir, vous souhaiterez pouvoir emporter certains objets que vous possédez d’un monde virtuel à l’autre.”

Jumeau numérique

Les exemples de ce que l'on peut déjà considérer comme relevant du métavers sont très divers. Dans Fortnite, des concerts ont lieu régulièrement, des millions d'enfants traînent chaque jour sur Roblox, et dans Microsoft Flight Simulator, vous volez au-dessus d'une copie parfaite de la planète. Et puis il y a Horizon Worlds, la plateforme de Meta.

Plus de 80% des enfants de moins de 14 ans utilisent le métavers au moins une fois par semaine.
Thierry Mortier
Global Digital & Innovation Lead for Energy chez EY Belgium

“Lorsque j'ai rencontré quelqu'un pour la première fois dans le métavers, j'en ai été complètement bouleversé”, raconte Thierry Mortier. “Dans cette salle de réunion virtuelle, nous pouvions simuler des scénarios au sein d'une grande ville: inondations, nombre croissant de véhicules électriques… Ces types d'environnement sont à même d’offrir une réelle valeur ajoutée: en cas de problème, des experts du monde entier peuvent les utiliser pour chercher ensemble une solution et voir quel en serait le résultat.”

Outre l'interopérabilité entre systèmes différents, d'autres nœuds gordiens restent à trancher au niveau technologique. “Pour l'instant, nous sommes dans une phase comparable à l'émergence des premiers navigateurs de l'ère Netscape. S’il existe déjà des protocoles pertinents, la convivialité et l'apparence doivent être améliorées pour rendre le métavers plus accessible. Au cours des deux dernières années, les gens ont appris à interagir par le biais de logiciels comme Microsoft Teams, mais cette initiative va encore plus loin. Vous pourrez vous promener comme si vous étiez sur place.”

Vêtements virtuels

Certaines des lois de l'internet actuel s'appliqueront dans le métavers. Pourtant, l'innovation associée à l'essor du Web 3.0 soulève de nombreuses questions. Qui, par exemple, est responsable dans un système décentralisé? “L'utilisateur final est moins dépendant des intermédiaires tels que Facebook, il est en mesure de prendre lui-même certaines initiatives”, répond Patrick Rottiers. “Cela peut d’ailleurs poser des problèmes car la réglementation ne suit pas.”

L’un des grands obstacles encore à surmonter est l’interopérabilité.
Patrick Rottiers
CEO d’EY Belgium

Le nouvel internet est également synonyme de modèles commerciaux innovants. Alors que les grands acteurs gagnent pour l’instant de l'argent en vendant des données sur les utilisateurs, ces derniers participeront bientôt aux bénéfices. Les objets que les joueurs gagnent dans les jeux, par exemple, peuvent être vendus à quelqu'un d'autre. Lorsque la preuve de cette transaction est stockée sur la blockchain, elle devient un jeton non fongible (NFT en anglais).

Ces NFT jouent un rôle majeur dans le métavers. “Vous pouvez acheter des terrains virtuels, et des marques comme Gucci ou Nike cherchent déjà à vendre des vêtements virtuels”, illustre Patrick Rottiers. “Pour l’heure, ce sont principalement des expériences, car on ne comprend pas toujours bien ce qui est à la mode et ce qui ne l'est pas”, embraie Thierry Mortier. “Mais une chose est sûre: le métavers sera une réalité. Plus de 80% des enfants de moins de 14 ans utilisent un métavers comme Minecraft, Fortnite ou un outil similaire au moins une fois par semaine. Ce qui crée des attentes pour plus tard, quand ils seront plus âgés.”

Osez expérimenter

Les clients d'EY sont demandeurs d'une première expérience dans le métavers. “Les flux de revenus et les business cases sont parfois difficiles à identifier”, pointe Thierry Mortier. “En réalité, ce sont souvent les interactions les moins sexy avec les entreprises qui ont le plus de chance d’être plébiscitées dans le métavers. Pensez au service d’assistance virtuel d’un fournisseur de télécommunications via lequel vous pouvez discuter avec un chargé de clientèle, ou au jumeau numérique d'une machine dans une usine.”

En guise de conclusion, le duo souligne que le métavers, s’il ne saurait être un but en soi, peut se révéler un précieux outil pour mieux réussir en tant qu'entreprise. “Tout manager devrait s'interroger sur les avantages et les inconvénients du métavers. Pour l'entreprise mais aussi pour ses clients et l'écosystème. Ensuite, vous pouvez travailler certaines idées en cocréation afin d'apprendre par l'expérience. Nous n'en sommes peut-être qu'au début mais les précédentes vagues d'innovation nous ont appris que c'est le moment idéal pour prendre de l'avance.”

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