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interview

"Mes débuts dans chaque nouvel emploi ont constitué une formation"

©Marco Mertens

Il est possible d’accumuler près de quatre décennies d’expérience professionnelle et de passer d’un emploi à l’autre sans changer d’employeur. Anny Jans est la preuve vivante qu’on peut accomplir une carrière variée et stimulante au sein d’une même organisation: "J’ai sauté sur toutes les occasions, même si je ne savais pas toujours comment et où j’allais atterrir."

La carrière d’Anny Jans a débuté en 1982, lorsqu’elle s’est portée candidate pour un stage universitaire de trois mois auprès de la Générale de banque pendant sa dernière année de sciences économiques appliquées. "À l’époque, les étudiants ne faisaient pas encore de tour du monde après leurs études", sourit Anny Jans, aujourd’hui COO Private Banking & Wealth Management chez BNP Paribas Fortis. "À 21 ans, j’étais la plus jeune du lot. Et dans la deuxième phase du cycle de sélection, j’ai été particulièrement impressionnée par le talent des autres candidats. Je ne donnais pas cher de mes chances, et j’ai considéré ma participation comme un exercice de candidature. Le fait que j’ai été embauchée était ce qui pouvait m’arriver de mieux sur le plan professionnel."

Réseau informel

Pendant ce stage, Anny Jans s’est assez rapidement constitué un réseau interne auquel elle fait encore régulièrement appel. "À 57 printemps, je compte désormais parmi les collaborateurs les plus âgés de l’organisation. Mais j’entretiens toujours de bons contacts avec plusieurs personnes que je connais depuis plus de 35 ans. Dans une carrière, il est très important d’entretenir un large réseau formel et informel."

"Chez BNP Paribas Fortis, il est possible de changer de métier sans changer d’employeur. J’en ai eu la preuve après mon stage universitaire, lorsque j’ai commencé mon premier véritable job au siège régional au Limbourg, ma province d’origine. J’y ai accumulé de l’expérience dans trois domaines en à peine cinq ans. J’ai d’abord eu l’occasion de lancer le département marketing. Trois ans plus tard, j’ai pu reprendre le service Finance. Après 18 mois à peine, je devenais directrice des ressources humaines. J’ai donc bénéficié de plusieurs opportunités uniques de m’épanouir en très peu de temps. Et je les ai toutes saisies sans hésiter." 

Promotion

Pour celles et ceux que cela intéresse, la banque investit pleinement dans des possibilités de carrière multidisciplinaire, indique Anny Jans. Pourtant, elle ne s’est jamais sentie obligée de relever de nouveaux défis professionnels. "C’est dans ma nature, tout simplement. J’ai sauté sur toutes les occasions qui se sont présentées, même si je ne savais pas à l’avance comment et où j’allais atterrir. Je choisis le bon moment pour me lancer en analysant moi-même ma fonction actuelle: est-ce que je me trouve dans une phase d’apprentissage, dans une phase de croissance, ou est-ce que je souhaite quelque chose de neuf?"

"Certains de mes collègues ont bâti une superbe carrière dans une seule branche et s’y sentent parfaitement bien. Personnellement, j’ai besoin de variété. Ce désir de diversité a été satisfait à plusieurs reprises lorsque l’entreprise était en pleine croissance. Une pyramide qui grandit ouvre les horizons."

Ma carrière aurait été très différente sans mon mari. Il avait repris l’exploitation agricole de mon père et travaillait à proximité de la maison.

Ces possibilités de promotion se sont raréfiées d’un coup en 1999, lorsque la Générale de banque a fusionné avec la CGER pour donner naissance à Fortis Banque. "C’est le seul moment où je me suis activement portée candidate en dehors de la banque", avoue Anny Jans. "J’avais presque 40 ans, je me trouvais dans ma phase d’interrogation existentielle et j’avais une jeune famille avec cinq enfants, dont des triplés. À ce moment-là, je travaillais à 10 kilomètres à peine de la maison. La fusion a réuni deux cultures totalement différentes. Et il n’y avait plus de job intéressant pour moi dans la région en raison de la centralisation des décisions. Or, on m’offrait au même moment un poste de responsable régionale dans une entreprise d’intérim. J’ai finalement choisi de rester dans la banque. J’aime ce secteur et je voulais donner une chance au nouveau groupe, même si cela m’obligeait à me rendre chaque jour à Bruxelles, à 85 kilomètres de la maison. Je n’ai jamais regretté cette décision."

"En 2008, lors de la fusion de Fortis et BNP Paribas, je n’ai pas envisagé de chercher un travail en dehors du groupe. Je n’ai pas répondu non plus aux propositions des chasseurs de têtes. Il faut dire que l’intégration dans BNP a été totalement différente de la fusion précédente. La crise bancaire de 2008 avait causé beaucoup d’émoi. Le rachat de Fortis par BNP Paribas nous a plutôt rassurés, mes collègues et moi. Un soulagement qui apportait à nouveau des certitudes."

Équilibre

Anny Jans a pu poursuivre sa carrière plus loin de son domicile grâce à son conjoint. "Mon grand défi a consisté à combiner carrière et famille nombreuse. J’ai fait ce choix qui impliquait de mettre ma vie sociale, mes hobbies et mon temps libre sur pause."

"Ma carrière aurait été très différente sans mon mari. Il avait repris l’exploitation agricole de mon père et travaillait à proximité de la maison. C’était un avantage immense. Surtout pour les imprévus: un enfant qui tombe subitement malade le matin, l’école qui téléphone parce qu’un de mes fils a fait une mauvaise chute, la baby-sitter qui annule sa venue au dernier moment… Mon mari a fait face à tous ces événements impossibles à planifier afin que je puisse me consacrer à ma carrière. En tant qu’indépendant, il pouvait déplacer ses priorités le soir ou le week-end, lorsque j’étais à la maison pour m’occuper des enfants. Depuis lors, nos cinq fils ont quitté la maison. Même si nous avons encore un fils adoptif de 12 ans."

Tremplin

Le coaching et les formations ont également été importants dans le développement de la carrière d’Anny Jans. "Bien entendu, tout a commencé lors de ma formation de base, avec les études que j’ai suivies et le diplôme que j’ai décroché. Ensuite, j’ai eu d’excellents mentors dans l’entreprise, et j’ai pu suivre des formations dont j’ai tiré beaucoup d’expérience et d’inspiration: des formations techniques, des cours de développement personnel, des ateliers consacrés à la réflexion stratégique ou à des applications informatiques, des séminaires avancés en management et gestion opérationnelle. Comme mon père le disait en souriant: quand on n’apprend plus, il faut gagner plus d’argent. C’est une très belle formule. Lorsqu’on apprend, on n’a pas besoin de gagner davantage, on s’enrichit de connaissances."

Certains de mes collègues ont bâti une superbe carrière dans une seule branche. Personnellement, j'ai besoin de variété.

"Les formations sont essentielles. Quand j’ai connu des moments moins agréables dans mon job ou que je recherchais quelque chose de neuf, une formation a pu faire office de soupape ou de tremplin vers un autre poste. Et le début de chaque nouvelle fonction a toujours constitué une formation pour moi, grâce à laquelle j’ai pu accumuler connaissances et expérience sur un terrain moins familier, et me recycler. L’apprentissage tout au long la vie, cela ressemble à un slogan, mais dans mon cas, il se vérifie parfaitement."

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Actuellement, Anny Jans est COO Private Banking & Wealth Management chez BNP Paribas Fortis. Sans doute sa dernière fonction dans la banque, reconnaît-elle. "Elle est la synthèse de tout ce que j’ai accompli auparavant, la fusion de mes longues années d’expérience. Avec mon équipe, je fais d’une part le lien entre le département commercial et les activités bancaires sous-jacentes, et d’autre part, je peux traduire les besoins spécifiques des clients du département Private & Wealth pour le reste de la banque. J’en retire énormément d’énergie et de plaisir."

"Ceci dit, j’aimerais changer beaucoup de choses dans ma fonction. Heureusement, d’ailleurs. Imaginez que tout soit parfait: il ne serait plus possible de rêver ni d’apporter des améliorations! Au plan personnel aussi, je nourris encore des rêves. Je siège au conseil d’administration d’un hôpital et d’une école supérieure. Je m’intéresse beaucoup aux foyers pour enfants et aux soins des personnes âgées. J’ai pu développer une belle carrière dans le secteur financier: au cours des années à venir, j’aimerais apporter une contribution positive à la société en dehors du domaine purement économique."

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