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L’immobilier devient durable, brique après brique

©Photo News

Un immeuble est aussi durable que la somme de ses parties. C’est pourquoi les éléments et matériaux utilisés font l’objet d’une grande attention. Cela dit, d’autres facteurs entrent en jeu.

"En réalité, aucun immeuble n’est durable, car faire construire implique de prélever des matières premières à l’environnement", prévient d’emblée To Simons, directeur du Centre flamand pour la construction durable (CeDuBo). "La durabilité d’un ouvrage est surtout déterminée par son empreinte écologique. On a trop souvent tendance à ramener la durabilité aux économies d’énergie. L’impact d’un immeuble sur l’énergie et le climat est relativement aisé à mesurer. On peut tout convertir en kilowatts/heure pour l’énergie et en tonnes de CO2 pour l’effet climatique. Les effets sur l’eau, en revanche, sont beaucoup plus difficiles à quantifier. Pour cela, il convient de mesurer les différents types de pollution et la possibilité, pour l’eau, de s’infiltrer dans les couches du sol."

PEP exigé

Côté matériaux, on comptabilisera l’énergie nécessaire à leur production, leur effet thermique sur le bâtiment et le traitement en déchets de construction par la suite. "L’Union européenne a établi des normes, plus précisément des catégories de dommages basés sur le cycle de vie des matériaux. Un tel profil environnemental produit (PEP) indique la quantité de CO2 produite par un matériau de construction sur l’ensemble de son cycle de vie. La somme de tous les matériaux donne la mesure des émissions de CO2, de l’acidification et des effets toxiques sur la santé."

Depuis le début de cette année, une évaluation PEP est exigée pour tous les nouveaux matériaux de construction en Europe; à partir de l’an prochain, les produits plus anciens seront soumis à la même obligation. "Les fabricants doivent déclarer leur score PEP dans la base de données de leur autorité nationale, qui est gérée par le SPF Santé publique, Sécurité de la c haîne alimentaire et Environnement en Belgique", explique To Simons. "La comptabilisation pour des bâtiments complets est une matière régionale et relève de l’OVAM en Flandre, de l’IBGE à Bruxelles et de l’Office wallon des déchets en Wallonie." Quant aux matériaux, "ils gagneront encore en importance dans les calculs de durabilité. Car la terre est un système clos avec des réserves épuisables. Pour certains métaux comme le zinc et le cuivre, les réserves ne correspondent qu’à quelques décennies de consommation."

Plusieurs facteurs ambiants

La charge environnementale gagne elle aussi en importance. "La construction d’un bâtiment passif en grande banlieue représente une plus grande empreinte écologique que la rénovation d’une maison en ville, où les habitants utilisent des solutions de mobilité plus écologiques. Mais on le dit trop peu." De plus, il est nécessaire de privilégier les immeubles compacts et bien orientés en fonction de l’ensoleillement. Enfin, la facilité d’entretien, l’utilisation à long terme et la flexibilité dans l’affectation des locaux contribuent à la durabilité.

Pour autant, la construction doit rester abordable. "Selon une récente étude d’Itinera, à peine 18% des jeunes peuvent encore décrocher un prêt pour une nouvelle construction ou l’achat d’une habitation sans aide extérieure. Les budgets de rénovation et de ‘durabilisation’, même partielles, sont ainsi de plus en plus réduits."

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