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Comment les ingénieurs rendent notre monde meilleur

Steven Van Passel, professeur d’économie environnementale et Marie Torrelle, étudiante de master en sciences économiques appliquées/ingénieur commercial à l’Université d’Anvers ©Studio Dann

Les ingénieurs cherchent des solutions aux problèmes du monde; leurs idées améliorent l’environnement, l’économie et l’emploi. Des super-héros de l’univers Marvel… mais bien réels.

En plus de formations en Fiscal Engineering et en Supply Chain Engineering, l’Université d’Anvers propose depuis quatre ans une orientation de dernière année en Sustainability Engineering pour les candidats au master de sciences économiques appliquées/ingénieur commercial. Le programme est axé sur la durabilité. Les organisations et les entreprises qui recruteront ces ingénieurs commerciaux seront mieux armées pour concevoir et mettre en place des produits et des services durables.

Comment travaille un ingénieur commercial spécialisé en durabilité? Quelles sont ses principales compétences?

Steven Van Passel (professeur d’économie environnementale à l’Université d’Anvers): “D’un point de vue sociétal, il va quasiment de soi qu’un ingénieur qui imagine et commercialise des produits innovants doit prendre en compte leur impact à long terme sur son entreprise et la société dans son ensemble. Il est donc très important qu’il ou elle puisse évaluer la durabilité d’un projet. Ainsi que le public visé. Car une Tesla est certes durable, mais uniquement pour ceux qui en ont les moyens. Elle n’est pas ‘durable’ pour tout le monde. La durabilité pour tout et tout le monde n’existe pas! Mesurer la durabilité constitue par conséquent un processus complexe. Grâce à cette spécialisation en Sustainability Engineering, nous souhaitons transmettre ces compétences aux futurs ingénieurs commerciaux.”

Quels critères permettent aux ingénieurs d’évaluer si un produit ou service est durable?

Van Passel: “Il s’agit avant tout de déterminer si une nouveauté technologique a un impact positif sur des aspects tels que l’économie, la société et l’environnement. Nous avons besoin d’ingénieurs pour concevoir et développer ces innovations. Il peut s’agir de trouver des solutions d’économie circulaire pour des matériaux spécifiques… Par ailleurs, nous avons besoin d’ingénieurs capables de traduire ces innovations en un business plan réaliste et évolutif.

J’espère que tous les jeunes défenseurs du climat choisiront des études d’ingénieur, car cela leur permettra d’avoir un réel impact sur l’environnement.
Steven Van Passel
Professeur d’économie environnementale à l’Université d’Anvers

Un défi attend les ingénieurs commerciaux spécialisés en durabilité: se montrer aptes à exercer leur esprit critique sur la façon de combiner ces composants pour en faire un modèle opérationnel intelligent. Ils doivent pouvoir mesurer les conséquences économiques, écologiques et sociales de ces transformations et expliquer en quoi ils feront la différence. Le recyclage des déchets, par exemple, n’est pas nécessairement positif pour l’environnement, car il consomme d’énormes quantités d’énergie.”

Comment les ingénieurs commerciaux peuvent-ils traduire cette durabilité dans leur travail?

Van Passel: ”En explorant le secteur de l’entreprise qui les emploie. Que signifie la durabilité dans ce contexte précis? En outre, ils pourront poser des choix plus durables s’ils collaborent et communiquent avec des collègues ingénieurs d’autres disciplines. Les ingénieurs commerciaux jouent selon moi un rôle d’intermédiaire entre les technologues et la société. Aujourd’hui, la formation en durabilité reste une spécialisation. À l’avenir, je pense que tous les ingénieurs devront intégrer cette composante ‘durable’ dans leur travail. Cela deviendra la norme. Nous n’avons pas le choix.”

Pourquoi avez-vous choisi – en tant que future ingénieure commerciale – la spécialisation Sustainability Engineering?

Marie Torrelle (étudiante en dernière année de master en sciences économiques appliquées/ingénieur commercial): “Je suis depuis toujours intéressée par la durabilité. À mes yeux, cette spécialité est le parfait complément de ma formation d’ingénieure commerciale; elle combine mon intérêt pour les sciences et l’économie. Dans ma vie professionnelle, j’espère pouvoir partager mes idées dans le domaine de la durabilité et avoir mon mot à dire.

Lorsque je me lancerai sur le marché de l’emploi, un de mes principaux critères sera la durabilité des employeurs potentiels. Pour moi, l’employeur idéal doit s’y intéresser. Je n’imagine pas travailler dans une entreprise qui ne fait rien ou pas grand-chose dans ce domaine.”

Comment comptez-vous mettre en œuvre la durabilité dans votre futur travail?

Marie Torrelle: “En collaborant avec d’autres ingénieurs. Je le fais déjà dans le cadre de mon mémoire de master sur l’économie circulaire dans le secteur de la construction. Je travaille avec un étudiant ingénieur civil. Je partage mon expertise dans le domaine des modèles ESCO (Energy Service Company, NDLR). Nous voulons les appliquer aux matériaux utilisés pour la construction modulaire de bureaux. Je compte bien mettre en pratique cette approche collaborative chez mon futur employeur”.

Est-il courant que les ingénieurs s’intéressent à la durabilité? Ou estimez-vous que ce devrait être le cas?

Van Passel: “Certainement. Prenez les marches pour le climat. Je trouve fantastique qu’il y ait tellement de participants. Mais j’espère aussi que tout le monde remettra en question son comportement dans sa vie quotidienne: sa consommation de viande, le type de viande, ses voyages en avion, etc. Je nourris l’espoir que, parmi les 35.000 élèves du secondaire qui participent aux marches pour le climat, beaucoup choisiront de devenir ingénieurs, car ils pourront avoir une plus grande influence en matière de durabilité. Ils pourront développer des solutions innovantes, et leur impact ne se limitera pas à leur propre comportement, mais s’étendra à celui de dizaines de milliers de personnes, voire plus.”

Pensez-vous que les marches pour le climat influeront sur l’attitude des autorités?

Van Passel: “C’est possible, mais ce serait une bonne chose si elles changeaient aussi le comportement des entreprises. Lorsque les ingénieurs élaborent de nouvelles technologies pour celles-ci, elles peuvent avoir un effet positif important sur les collaborateurs, les clients et la société dans son ensemble. Les ingénieurs ont tout en main pour améliorer les choses sur le plan durable et avoir un retentissement à grande échelle.”

Est-ce la raison pour laquelle certains ingénieurs choisissent de participer à des projets d’aide au développement?

Van Passel: “Cela reste plutôt rare. Je me suis donné pour mission de faire connaître ces possibilités au sein de notre université. Deux de mes étudiants se trouvent actuellement au Bénin dans le cadre de leur mémoire de fin d’études. Ils y conçoivent des techniques d’évaluation pour empêcher les personnes non autorisées de s’introduire dans un parc national, par exemple pour y chasser. L’an dernier, d’autres étudiants ont réalisé une analyse économique sur les techniques d’irrigation. Il est encore trop tôt pour parler de véritable tendance, mais le nombre d’ingénieurs qui optent pour des projets d’aide au développement augmente régulièrement.”

Les ingénieurs sauveront-ils la planète?

Marie Torrelle: “Les innovations durables ne peuvent être accomplies que par des ingénieurs qui collaborent et font preuve d’esprit critique lorsqu’il s’agit d’évaluer ce qui est durable et pour qui. C’est ce type d’ingénieur que je veux devenir.”

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