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Œuvrer aux compétences de l'Industrie 4.0

Nancy Vercammen, directrice générale de l’association d’ingénieurs ie-net ©Studio Dann

L’association d’ingénieurs ie-net a sondé pour la deuxième fois les entreprises et ingénieurs flamands sur l’impact de l’Industrie 4.0 et leurs attentes concernant la quatrième révolution industrielle. Ses conclusions? Ingénieurs et entreprises ont pris conscience que l’acquisition de nouvelles compétences et aptitudes constitue l’un des principaux défis des années à venir.

Quelque 906 ingénieurs individuels et 302 entreprises ont pris part à cette deuxième enquête consacrée à l’Industrie 4.0 – autrement dit, les technologies et concepts qui permettront tant à l’économie des connaissances qu’à l’économie manufacturière de gagner en efficacité et en intelligence au cours des années à venir. L’Industrie 4.0 met en relation les produits et machines, les entreprises, les fournisseurs et les clients. “L’édition précédente nous a permis d’établir une mesure de référence, et nous observons aujourd’hui plusieurs révolutions claires”, avance Nancy Vercammen, directrice générale de l’association d’ingénieurs ie-net. “L’Industrie 4.0 n’est pas une mode. Il faudra rester très attentifs à cette évolution au cours des années à venir. Nous la suivons de près. Et nous observons dans quelle mesure chacun accompagne ces changements. C’est indispensable si nous voulons que l’Industrie 4.0 puisse devenir le moteur de notre économie.”

L’Industrie 4.0 accroît-elle la charge de travail? 

Selon 33% des participants, l’arrivée de nouvelles technologies et applications accroîtra la charge de travail. La charge de travail va au contraire diminuer, estiment 18% d’entre eux. Ils sont enfin 34% à penser que l’Industrie 4.0 ne fera pas de différence. Les opinions divergent énormément mais ce n’est pas étrange en soi”, analyse Nancy Vercammen. “À peine un peu plus de la moitié des participants connaissent l’Industrie 4.0. Les autres ne savent encore rien de cette quatrième révolution industrielle, qui est pourtant imminente. Et ce sont ces derniers qui concentrent les associations plutôt négatives en matière de charge de travail. L’une de leurs grandes craintes est qu’ils soient incapables de suivre le rythme des évolutions successives de l’Industrie 4.0. Qu’en leur accordant une confiance aveugle, ils ne connaissent ou ne comprennent plus les processus sous-jacents à l’automatisation et aux algorithmes informatiques. Et que personne ne sache comment intervenir en cas de défaillance de cette automatisation. Ils redoutent par ailleurs qu’il n’y ait pas suffisamment d’ingénieurs pour capter cette évolution.”

L’Industrie 4.0 n’est pas une mode. Il faudra rester très attentifs à cette évolution au cours des années à venir.
Nancy Vercammen
Directrice générale de l’association d’ingénieurs ie-net

L’Industrie 4.0 exige-t-elle des compétences de leadership de la part des ingénieurs?

L’ingénieur du futur sera un people manager. Il devra exploiter ses compétences techniques pour améliorer et intensifier la collaboration entre les personnes dont il a la charge. Dans l’entreprise mais aussi en dehors, souligne Nancy Vercammen: “Les partenariats sont cruciaux dans des contextes caractérisés par l’innovation. La façon dont les ingénieurs abordent, présentent et vendent des projets repose de plus en plus sur des collaborations. Quelque 69,3% des ingénieurs s’accordent à dire que l’Industrie 4.0 exigera un autre type de leadership. Empathie, communication, écoute et capacité à donner un feed-back constituent des compétences cruciales pour l’ingénieur dirigeant. Enfin, ce dernier n’est plus un spécialiste omniscient: les connaissances seront davantage réparties entre les différents niveaux de l’équipe.”

Dans quelle mesure les entreprises disposent-elles des connaissances nécessaires pour la prochaine technologie industrielle?

Un mouvement de rattrapage est nécessaire pour maîtriser les technologies déterminantes dans l’Industrie 4.0. Seuls l’internet des objets, le cloud computing et les Big Data ne sont pas inconnus de la plupart des ingénieurs. “La situation est moins favorable pour les autres technologies disruptives comme la réalité virtuelle et la réalité augmentée”, complète Nancy Vercammen. “Ces connaissances spécialisées ne sont guère proposées dans les universités actuellement. Ce déficit de connaissance ne semble toutefois pas inquiéter les entreprises flamandes: 86% des participants voient les formations comme un moyen de combler ce retard.”

“Problème: il n’existe pas suffisamment de formations disponibles. En outre, seules certaines personnes possèdent les connaissances adaptées à de nombreuses technologies innovantes, et l’échange de connaissances a lieu sur le terrain. Cela complique la définition d’une offre de formations structurée. Dans ce domaine, j’entrevois encore de nombreuses opportunités pour le marché de la formation. Même s’il ne sera pas facile de les saisir: la technologie évolue si vite que les applications actuelles peuvent déjà être dépassées l’an prochain. Nous organisons d’ailleurs des journées d’étude à ce sujet. ”

Les ingénieurs et les entreprises voient-ils l’Industrie 4.0 comme une chance ou une menace?

En fin de compte, une large majorité des ingénieurs (64,2%) et des entreprises (75%) considèrent toujours l’Industrie 4.0 comme une opportunité. Si des risques existent, les ingénieurs les décèlent surtout dans l’augmentation du chômage des personnes peu qualifiées et des ouvriers. “Les entreprises attendent de l’Industrie 4.0 une efficacité accrue, une optimisation des processus et de nouveaux produits et services, plus en phase avec les souhaits des clients”, détaille Nancy Vercammen. “Seuls les incertitudes liées au rendement des investissements, les difficultés à dénicher les talents adéquats sur le marché du travail et le manque de temps dans une conjoncture économiquement favorable suscitent un certain scepticisme.”

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