analyse

Robotique software: l'automatisation aujourd'hui

Ann-Sofie Dequae, director chez KPMG ©Frank Toussaint

La transformation numérique est à l’ordre du jour. Elle incite les organisations à automatiser davantage, et plus exactement, à se concentrer sur la valeur ajoutée des tâches exécutées et des services proposés. "La Robotic Process Automation seconde les organisations dans leur transformation numérique", explique Ann-Sofie Dequae, Directrice chez KPMG. Mais qu’est-ce que c’est réellement, et, surtout, comment s’y prendre ?

Pour certains, la robotique software relève toujours de la science-fiction. Mais en réalité, ce n’est rien d’autre que la prochaine étape dans la transformation des entreprises. "Il y a cent ans, nous avons assisté à l’essor des systèmes mécaniques. Il y a trente-cinq ans, les premiers PC apparaissaient dans les entreprises. Il y a quinze ans, c’était la percée de l’Internet. Et depuis cinq ans environ, le cloud et l’ Internet des Objets deviennent incontournables. La robotique, et plus précisément les systèmes qu’on appelle cognitifs, constitue la nouvelle vague", explique Ann-Sofie Dequae, Directrice chez KPMG.

Les trois types d’automatisation 

Il faut extraire les tâches répétitives, et se concentrer beaucoup plus sur la valeur ajoutée. Prenez, par exemple, un(e) CFO qui automatise les tâches classiques liées au reporting financier et se positionne davantage en véritable business partner pour l’ensemble de l’entreprise.
Ann-Sofie Dequae
Director chez KPMG
Ann-Sofie Dequae, director chez KPMG ©Frank Toussaint

 

La Robotic Process Automation, en abrégé RPA (les processus d’automatisation robotisés), comprend trois différentes sortes d’automatisation que seront amenées à rencontrer les entreprises :

  1. La première, baptisée Basic Process Automation, consiste à automatiser les processus et données très structurés dans un workflow, sur la base de règles et à l’aide de paramètres prédéfinis, et à les connecter à différents systèmes.
  2. Le deuxième type,  l’Enhanced Process Automation, travaille à la fois à partir de données structurées et  non structurées. "Cette technologie présente des possibilités d’analyse plus nombreuses, comme, par exemple, la reconnaissance de modèles et le machine learning. Les ordinateurs peuvent ainsi prendre des décisions eux-mêmes, non seulement grâce à une liste prédéfinie de règles et de critères, mais également à partir d’une historique d’événements et de données", poursuit Peter Van den Spiegel, Directeur Data & Analytics chez KPMG.
  3. Enfin, la dernière catégorie, "la Cognitive Automation ou, en français, l’automatisation cognitive, dans lequel le terme "cognitif" renvoie aux systèmes mentaux qui reproduisent les fonctionnalités du cerveau humain", poursuit Peter Van den Spiegel. "Via des capteurs, ces systèmes ont la capacité d’observer et d’interpréter des informations. Ils peuvent raisonner, et par exemple formuler des hypothèses. De plus, ils apprennent par eux-mêmes. Il  est donc possible de leur enseigner comment ils continueront à apprendre seuls. "

Selon Van den Spiegel, le NLP (programmation neuro-linguistique, note du traducteur), le deep learning, la reconnaissance vocale et d’images ou l’identification de la langue ou du contexte constituent des exemples typiques de capacités cognitives humaines.

Les avantages

La plus-value de la RPA est diverse et variée. "La robotique software aide les entreprises à réduire leur marge d’erreur. Elle leur procure une meilleure compréhension des processus et leur permet ainsi de les améliorer", explique Ann-Sofie Dequae. Les gains de productivité sont en hausse. "La main-d’œuvre présente évidemment une plus grande flexibilité. Par rapport à l’activité humaine, la RPA permet des traitements plus rapides, efficacité qui se traduit dans les coûts. Dans sa version cognitive, la RPA constitue également une plateforme d’amélioration continue."
 
 "L’automatisation cognitive", souligne Peter Van den Spiegel, "donne aux machines la capacité d’exercer des activités jusqu’ici du seul ressort de l’humain, souvent d’ailleurs à une vitesse plus élevée et avec un délai de réponse plus court. Et dans de nombreux cas, cela se traduit par une amélioration de la qualité ", affirme-t-il.

Grâce à l’automatisation cognitive, des machines peuvent exercer des activités dont nous avions toujours pensé qu’elles étaient réservées à l’homme.
Peter Van den Spiegel
Director Data & Analytics chez KPMG
Peter Van den Spiegel, director data & analytics chez KPMG ©Studio Dann

 

Même si cette technologie est la plus récente, les deux autres catégories, bien que plus anciennes,  conservent toute leur importance. "Plus de la moitié des tâches exécutées dans une entreprise sont aujourd’hui automatisées via l’un de ces trois types", poursuit Ann-Sofie Dequae. Il subsiste de nombreuses possibilités pour les entreprises. "Il faut extraire les tâches répétitives, et se concentrer beaucoup plus sur la valeur ajoutée ", poursuit Ann-Sofie Dequae. Prenez, par exemple, un(e) CFO qui automatise les tâches classiques liées au reporting financier et se positionne davantage en véritable business partner pour l’ensemble de l’entreprise.

Dans quels secteurs?

L’automatisation cognitive impacte plusieurs domaines et leur fonctionnement. "Dans le retail, elle contribue, par exemple, à mieux comprendre l’expérience client. Dans les soins de santé, elle favorise une évaluation de l’état de santé et de l’activité médicale", explique Peter Van den Spiegel. "Pour les banques et les compagnies d’assurances, elle améliore les décisions en matière de gestion de patrimoine."

Ann Sofie Dequae souligne l’importance d’une approche holistique en matière de RPA. "Vous pouvez commencer par sélectionner quelques processus plus limités. Par exemple, un gain de deux heures par jour dans un processus donné devient significatif à plus grande échelle. Il est tout aussi crucial de mettre en place la structure et la gouvernance nécessaires dans la sélection du système et le déploiement final de la robotique software. Sachez également que les outils RPA basiques doivent être les plus conviviaux possible." 

Un outil complémentaire au centre de services partagés

De nombreuses organisations pratiquent  déjà l’outsourcing et utilisent les centres de services partagés pour rationaliser et automatiser des processus." Dans ce cas, la robotique logicielle est généralement un instrument supplémentaire et complémentaire", affirme Ann-Sofie Dequae. "La RPA s’apparente aussi à une alternative valable au centre de services partagés ou à une solution d’outsourcing. Parallèlement à cela, il est également possible d’implémenter la RPA pour optimiser votre centre de services partagés."

La RPA aide les organisations à automatiser davantage, et à se concentrer d’avantage sur la valeur ajoutée des tâches qu’elles exécutent et des services qu’elles proposent, et cela, dans un univers où la transformation numérique donne le ton. "La robotique software soutient cette transformation. Car cette transformation, de même que l’ensemble de ses évolutions, ne cesse de s’accélérer", conclut Ann-Sofie Dequae.

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