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Le filet de protection sociale comme tremplin

©Dieter Telemans

La capacité de rebondir est une notion centrale dans la politique de Maggie De Block, ministre fédérale des Affaires sociales et de la Santé publique. “Nous n’abandonnons personne sur le bord de la route. Au contraire, nous enrichissons notre filet de protection sociale d’initiatives et de recettes inédites afin que chacun puisse s’épanouir.”

La reprise du travail pour les absents de longue durée est l’une des grandes ambitions du gouvernement Michel. Il n’est pas encore parvenu à la réaliser. Maggie De Block, ministre fédérale (Open Vld) des Affaires sociales et de la Santé publique, en est consciente. “La Belgique accuse 20 ans de retard sur les pays scandinaves, par exemple. Les règles n’étaient pas adaptées aux pathologies actuelles, notamment aux nouvelles maladies comme le burnout. C’est pourquoi nous avons pris de très nombreuses initiatives pour moderniser la sécurité sociale.”

“Nous voulons savoir si une approche intégrée permet de traiter efficacement les maladies liées au travail, telles que le burnout, à l’aide de projets-pilotes ciblés dans les secteurs bancaire et hospitalier. Certains travailleurs ont besoin de séance de méditation, d’autres souhaitent un accompagnement psychologique ou peut-être quelques séances chez le kinésithérapeute pour traiter des pathologies médicales. Il n’existe pas de solution miracle, efficace pour tout le monde. En outre, de nombreux patients sont également confrontés à des problèmes à domicile ou dans leurs relations, et il est bien entendu impossible de les dissocier complètement.”

Malheureusement, tous les employeurs ne sont pas encore convaincus de l’efficacité d’un modèle participatif.
Maggie De Block
ministre fédérale de la Santé Publique

“La balle n'est pas seulement dans le camp du travailleur. Les médecins du travail disposent d’une vaste expertise. Ils peuvent examiner les possibilités d’améliorer les conditions de travail en concertation avec l’employeur. Les bureaux paysagers peuvent être très pesants et sources de stress pour certains. Pour d’autres, il ne suffira pas d’aménager un poste de travail plus calme: nous devrons les accompagner vers un autre emploi, quitte à recourir au recyclage professionnel. L’objectif est de mettre sur pied de larges programmes de prévention. D’activer les patients.”

La participation fonctionne

“Nous ne pouvons plus laisser personne sur le bord de la route. Le travail est essentiel pour la vie sociale comme pour l’estime de soi. Mais nous ne pouvons pas davantage prendre de décision en ignorant les patients. Il faut rechercher une solution appropriée avec eux. Heureusement, les esprits commencent à mûrir chez la plupart des employeurs. C’est pourquoi nous désirons responsabiliser à la fois le travailleur et l’employeur afin que le travail demeure viable. Nous plaidons pour du sur-mesure.”

“Bien entendu, l’objectif n’est absolument pas d’aller à l’encontre d’initiatives économiques. Lorsqu’on assume un rôle de leader, il faut pouvoir le faire! Nous avons besoin de locomotives dans notre société, de premiers de cordée, de liberté d’entreprendre. Cela ne doit pas s’opposer au bien-être, au contraire. Ceci dit, tous les employeurs ne sont pas encore convaincus de l’efficacité d’un modèle participatif…”

Nous ne pouvons plus laisser personne sur le bord de la route. Le travail est essentiel pour la vie sociale comme pour l’estime de soi.
Maggie De Block
ministre fédérale de la Santé Publique

La ministre prend pour exemple le site Volvo à Gand. “Pour être honnête, un tel travail à la chaîne me rendrait spontanément un peu nerveuse. Et pourtant, des personnes qui ont plusieurs dizaines d’années de carrière au compteur y travaillent et y semblent relativement heureuses. Pourquoi? Parce que ces travailleurs y ont développé eux-mêmes un système. Lorsqu’ils sont à bout, ils tirent sur une corde et quelqu’un arrive immédiatement pour leur permettre de souffler. Un entretien est ensuite organisé et le département RH étudie ce qui a incité cette personne à signaler un malaise. Le but n’est pas de rechercher un ‘coupable’, car cela ne résout rien.”

“Notre objectif, ce sont des collaborateurs fiers, qui continuent à travailler jusqu’à leur 67e anniversaire. Nous ne pouvons pas perdre leur expérience. S’ils éprouvent des difficultés physiques, il sera éventuellement possible de leur proposer une tâche dans le coaching ou la formation de jeunes collaborateurs. Tout comme après une maladie. Souvent, les femmes qui ont souffert d’un cancer du sein ne reviennent pas sur le marché du travail, alors qu’elles le souhaiteraient. N’oublions pas que le travail peut également offrir une grande satisfaction.”

Équipe

Maggie De Block comprend qu’il n’est pas toujours aisé de concilier travail et vie de famille. D’où le statut des activités complémentaires. “Pour de petits services occasionnels – aller chercher les enfants des voisins à l’école, leur préparer à manger, leur faire prendre le bain ou passer la nuit chez une personne qui vient de subir une opération de la hanche – des bénévoles gagnent quelque 500 euros supplémentaires par mois sans être taxés. De tels services peuvent s’avérer très utiles, surtout lorsqu’on étouffe dans un emploi contraignant.”

Maggie De Block a dirigé pendant 25 ans un cabinet généraliste très fréquenté, un poste auquel elle est parvenue sans compétences managériales dignes de ce nom. “J’ai tout appris en autodidacte. Même si je suis souvent sous le feu des projecteurs au Parlement et dans la presse, je ne suis que le dernier maillon d’une longue chaîne. Tous les collaborateurs du cabinet et de l’administration, tous les membres de l’équipe donc, doivent être fiers des résultats que nous obtenons ensemble. C’est la raison pour laquelle je ne me contente pas de venir les saluer de temps à autre. Nous avons énormément de contacts.”