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Une entreprise peut-elle nous rendre heureux?

©Getty Images

Si la crise financière de 2008 a démontré une chose, c’est que l’argent seul ne fait pas le bonheur. La reprise économique a entraîné dans son sillage une quête de sens. Le point d’équilibre entre les bénéfices et les valeurs s’est déplacé, mais en avons-nous tiré profit?

Ceux qui cherchent l’origine du concept de purpose economy ne peuvent ignorer Aaron Hurst. Dans son best-seller The Purpose Economy publié en 2014, l’auteur présente l’économie de la connaissance comme la quatrième révolution économique, après les révolutions agraire, industrielle et informatique. Un détail: Aaron Hurst est le neveu de Marc Porat, le visionnaire qui a inventé le terme “économie de l’information” et avait prédit l’émergence de la Silicon Valley.

Tout comme les autres révolutions économiques, l’économie de la connaissance est le produit d’une société en pleine évolution. En réaction aux grands événements comme la bulle spéculative des dotcoms, les guerres en Irak et en Afghanistan et la crise financière de 2008, les citoyens sont partis en quête de sens. Tout d’un coup, nous avons voulu (ou dû) entreprendre de manière responsable, nous avons accordé de l’importance à l’empreinte sociétale des produits que nous produisons et consommons, et nous avons demandé aux entreprises de contribuer explicitement à notre bien-être et à notre bonheur.

2020, année charnière

Même si c’est Aaron Hurst qui a donné un nom à ce phénomène, l’entrepreneuriat responsable n’est pas nouveau. En 1976 déjà, la chaîne The Body Shop s’appuyait sur des principes éthiques, comme le respect de l’être humain et de son environnement. Greyston Bakery fabrique depuis 1978 des brownies pour Ben & Jerry’s avec du personnel généralement considéré comme “inemployable”, SDF et repris de justice. Plus proche de nous, le présentateur néerlandais Teun van de Keuken a démarré en 2005 la production de chocolat 100% équitable sous la marque Tony’s Chocolonely.

La satisfaction des clients est plus importante que la rentabilité.
Tony Hsieh
CEO de Zappos.com

Aaron Hurst estime que l’année 2020 devrait représenter un moment-charnière, en ce sens que la plus-value sociétale devrait prendre le pas sur la maximisation des profits. Ceci dit, les connaissances et les bénéfices ne sont pas toujours irréconciliables. De nombreuses petites et grandes entreprises le prouvent déjà. La firme néerlandaise Seepje, par exemple, produit des savons respectueux de l’environnement à partir des coques du fruit de l’arbre à savon Sapindus mukorossi, qui pousse en abondance au Népal et en Inde. Après deux ans, la start-up enregistre un beau chiffre d’affaires et des bénéfices honnêtes.

4.000 euros pour partir

Pour Aaron Hurst, cela va de soi: les employés des entreprises qui adhèrent à ces valeurs sociétales sont plus motivés, prennent davantage d’initiatives et travaillent avec une efficacité accrue. Parallèlement, des enquêtes révèlent que les consommateurs se sentent de plus en plus attirés par les entreprises qui placent leurs objectifs sociétaux au-dessus de l’optimisation de leur rentabilité.

Tony Hsieh, CEO de Zappos.com, va plus loin encore. Sous la devise “La satisfaction des clients est plus importante que la rentabilité”, il propose 4.000 dollars à ses stagiaires pour qu’ils quittent l’entreprise. Son raisonnement: si quelqu’un accepte cet argent, c’est qu’il n’a pas le bon profil pour travailler chez Zappos.