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Durabilité: comment les entreprises préparent le monde de demain

Comment les entreprises envisagent-elles la durabilité ? BMW et BNP Paribas Fortis discutent du "Monde de Demain" et de la façon dont le monde des entreprises peut s'adapter à l'avenir.

Alors que le thème de la durabilité prenait, depuis quelques années, une place prépondérante au sein des entreprises, la crise sanitaire semble avoir accéléré les choses. Les entreprises s’interrogent aujourd’hui sur la meilleure façon de participer à la sortie de cette crise, la plus grave depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. À l’occasion d’une table ronde, Sandra Wilikens, Chief HR & CSR Officer chez BNP Paribas Fortis, Sabine Denis, Professeur Invité à la Louvain School of Management (UCL), et Eddy Haesendonck, CEO de BMW Group Belux, livrent leur vision.

Le Green Deal de la Commission européenne accentue la pression pour que la sortie de crise prenne en compte des critères de durabilité. Comment cela se traduira-t-il dans la réalité?

Sandra Wilikens: L’accélération de la transition vers un modèle durable est déjà tangible pour nous, avec des clients qui envisagent de relocaliser leur production, et, pour le secteur financier, on sent au niveau européen la volonté d’encourager les banques à orienter davantage encore les capitaux vers des projets positifs et à intégrer la durabilité dans leur gestion des risques

Visionnez ici la table ronde consacrée au “Monde de demain”

La table ronde consacrée au “Monde de demain”

Eddy Haesendonck: Depuis 1999, BMW figure en tête du Dow Jones Sustainability Index, grâce à des efforts soutenus entamés dès les années 1970. Nous investissons dans toute la chaîne de production, avec par exemple, pour nos batteries, du cobalt extrait au Maroc et en Australie où l’on peut contrôler le respect d’exigences sociales et environnementales. Nous favorisons l’économie circulaire, dans laquelle le recyclage est intégré dès la conception du produit. La technologie de la blockchain autorise une traçabilité complète. Et depuis 2013, nos usines sont “zéro émissions”.

Sabine Denis: Voici une vingtaine d’années, les critères CSR portaient d’abord sur la dimension du personnel, car le chômage était très élevé. Puis l’aspect environnemental s’est affirmé. Enfin, en 2011, à la suite d’un article du Pr Michael E. Porter, de Harvard, la notion de “création de valeur partagée” s’est imposée et la durabilité est devenue un élément du cœur de métier des entreprises. Parallèlement, on a bifurqué d’un système reposant sur l’autodiscipline vers des objectifs plus contraignants imposés par des organisations ad hoc.

"Notre rôle est de financer la révolution durable qui est en train d’advenir. Et c’est exactement ce que nous faisons." Sandra Wilikens, Chief HR & CSR de BNP Paribas Fortis

Quelles formes concrètes cette intégration de la durabilité prend-elle?

Sandra Wilikens: Notre rôle est de financer la révolution durable qui est en train d’advenir. Et c’est exactement ce que nous faisons, en créant un impact positif via nos deux métiers de base : les investissements et les financements. Nous proposons toujours en premier lieu à nos clients investisseurs des solutions  durables. Aujourd’hui, nous sommes leaders sur ce marché et nous disposons de la plus large gamme de fonds durables en Belgique. Avec nos clients entreprises, nous entamons systématiquement le dialogue pour soutenir leurs efforts de durabilité et nous allons jusqu’à repenser leur business model avec eux, grâce à l’expertise de notre Sustainable Business Competence Centre, en économie circulaire ou en énergies vertes, par exemple. Nous leur offrons aussi des formules de crédit innovantes, avec des taux indexés sur des objectifs chiffrés: si vous diminuez votre empreinte carbone, votre taux d’intérêt baisse.

“Les jeunes générations qui, dès leur première embauche, demandent à leur employeur une voiture de fonction électrique, soutiennent la transition énergétique.” Eddy Haesendonck, CEO de BMW Group Belux

Eddy Haesendonck: Notre rôle évolue. Au sein de notre réseau, les clients trouvent maintenant de véritables conseillers qui évaluent leurs besoins en termes de mobilité, d’assurance, de fiscalité, le tout en intégrant la durabilité, bien sûr. On sait que la solution à la mobilité sera forcément multimodale. Dans les 10 années qui viennent, il y aura de la place pour les véhicules électriques, les hybrides et les diesels et essence performants. En la matière, nos clients opèrent des choix pertinents en fonction de leurs besoins; ainsi, les jeunes générations qui, dès leur première embauche, demandent à leur employeur une voiture de fonction électrique, soutiennent la transition énergétique. Aux pouvoirs publics d’accompagner le mouvement en investissant dans les infrastructures nécessaires, comme les bornes de recharge. Ou les stations de recharge d’hydrogène! Car de notre côté, nous pourrions commencer la commercialisation de véhicules fonctionnant à l’hydrogène dès 2025. Et BMW Group prépare le lancement de 25 modèles électrifiés d’ici à 2023.

Sabine Denis: Les partenariats constituent un élément-clé de notre progression collective vers la durabilité. Disposer d’incitants et travailler dans le dialogue, c’est idéal – c’est d’ailleurs l’un des principes de l’investissement d’impact. Une politique de rémunération des cadres supérieurs reposant sur la réalisation d’objectifs de durabilité présente par ailleurs un grand intérêt. Des incitants salariaux permettent d’atteindre plus rapidement les objectifs.

“Disposer d’incitants et travailler dans le dialogue, c’est idéal – c’est d’ailleurs l’un des principes de l’investissement d’impact.” - Sabine Denis, Professeur Invité à la Louvain School of Management (UCL)


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