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De l'essence et du diesel à l'hydrogène et à l'acide formique

©Bloomberg

Les voitures électriques sont de plus en plus utilisées dans le cadre de la lutte contre le changement climatique et les émissions de CO2. Cependant, leur rayon d’action limité reste un handicap majeur. L’hydrogène constitue-t-il une alternative réaliste ?

Le principal atout de la voiture électrique par rapport à la voiture classique est sans doute l’absence d’émissions de CO2 nocives. Cela dit, elle présente également plusieurs lacunes. La plupart des voitures électriques abordables ne disposent que d'un rayon d’action réduit, une batterie à pleine charge ne pouvant dépasser 200 kilomètres. Les modèles hybrides – qui combinent un moteur électrique et un moteur à combustion – contournent ce problème, mais restent tributaires de carburants polluants.

Les constructeurs automobiles étudient par conséquent des alternatives. Une étude de McKinsey & Company révèle que la voiture à hydrogène pourrait représenter une solution pour le segment médian et les plus grands véhicules. Il existe deux types de voitures à hydrogène. Primo, celles qui sont équipées d’un moteur à combustion. Ce dernier fonctionne selon le même principe que les moteurs à essence et diesel. Autrement dit: l’hydrogène est brûlé dans les cylindres pour générer de l’énergie cinétique.

À l'instar des voitures électriques, vous bénéficiez de subsides et de réductions d'impôts pour les voitures à hydrogène.

Cependant, il existe aussi des modèles équipés d’une pile à combustible alimentée en hydrogène. Cette fois, c’est un processus chimique qui convertit l’hydrogène, en combinaison avec de l’oxygène en provenance de l’air, en électricité et en eau. Et c’est cette électricité qui entraîne le moteur. À part un peu de vapeur d’eau, le véhicule n’émet rien. Toutes les voitures à hydrogène développées actuellement, ou presque, sont de ce type.

Le pour et le contre

Les voitures à hydrogène n’émettent pas de gaz nocifs et sont totalement silencieuses. Leur rayon d’action s’approche de celui de voitures classiques avec un moteur à combustion. Les connaissances et l’expertise nécessaires pour produire l’hydrogène à grande échelle sont de surcroît disponibles depuis de nombreuses années. Sans oublier cette dimension non négligeable: pour les voitures à hydrogène, vous bénéficiez de subsides et de réductions d’impôts comparables à ceux des voitures électriques habituelles.

14 euros
Le prix pour parcourir 100 kilomètres en roulant à l'hydrogène.

Il est possible de produire de l’hydrogène par électrolyse à partir d’énergie éolienne ou solaire, mais les méthodes les plus rentables sont toujours basées sur des combustibles fossiles. Elles provoquent par conséquent d’importantes émissions de CO2. Le prix de revient de l’hydrogène est un obstacle supplémentaire. Selon eGear.be, vous paierez aujourd’hui plus de 14 euros pour parcourir 100 kilomètres. Le prix devrait certes baisser avec l’augmentation de la demande, mais il ne sera jamais moins cher de rouler à l’hydrogène qu’à l’électricité.

La première station-service à hydrogène accessible au public n’a d’ailleurs été ouverte qu’en 2015 à Zaventem. Il reste donc un sacré bout de chemin à parcourir avant d’approvisionner notre pays. De plus, le transport d’hydrogène du site de production à la stationservice par camions est une étape largement consommatrice d’énergie. Le stockage n’est pas non plus sans danger, en raison des pressions extrêmes qu’il impose.

L’offre de voitures à hydrogène est dès lors encore très limitée. Des marques comme Mercedes, bMW et Volkswagen y travaillent depuis longtemps, mais ce sont surtout les constructeurs asiatiques qui ont franchi des étapes concrètes. En belgique, seule la Hyundai ix35 est disponible aujourd’hui. Cette voiture affiche une autonomie d’environ 600 kilomètres. Il vous en coûtera 66 500 euros. La Toyota Mirai et la Honda Clarity Fuel Cell ne sont pas encore commercialisées dans notre pays.

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