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Les données, ce nouveau carburant

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Dans le futur, l'expression "autoroutes de l'information" prendra tout son sens. Dans la voiture, entre les véhicules et en connexion avec un centre nerveux central: le trafic de données sera constant. La voiture sera connectée en permanence, où qu’elle se trouve. "Le compte à rebours est enclenché, et impossible de revenir en arrière", affirme Gregory Van Barel, spécialiste de l’ingénierie automobile.

En comparaison avec des secteurs comme la musique ou le tourisme, la véritable accélération en matière de numérisation est intervenue très tard dans le secteur automobile. "Cela dit, de très nombreuses initiatives ont entre-temps été lancées", nuance Gregory Van Barel, professeur et porte-parole du département Ingénierie automobile au sein de la formation d’ingénieurs en électromécanique de l’Université d’Anvers. La communication de données joue, dans ce cadre, un rôle de plus en plus important. Les évolutions dans ce domaine sont nombreuses. Nous en avons sélectionné trois.

Données et capteurs dans la voiture: le système ADAS

ADAS est l’abréviation d’Advanced Driver Assistance Systems. "Les systèmes avancés d’aide à la conduite sont l’un des domaines sur lesquels mise l’industrie", indique Gregory Van Barel. Un grand nombre de systèmes sont déjà disponibles dans de nombreuses voitures et connus du grand public. Pensez aux capteurs de stationnement, aux régulateurs de vitesse adaptatifs, aux alertes de franchissement involontaire de ligne. Mais cela va plus loin. "L’objectif final? Que le véhicule puisse naviguer de manière autonome dans un environnement, grâce à des capteurs supplémentaires intégrés", ajoute  Gregory Van Barel.

“L’objectif est que le véhicule puisse naviguer de manière autonome dans un environnement grâce à des capteurs supplémentaires intégrés.”
Gregory Van Barel
Université d’Anvers

Les investissements réalisés en la matière permettront de développer des véhicules toujours plus intelligents au cours des années à venir. "Les alertes de franchissement involontaire de ligne existent depuis longtemps, mais ils gagnent constamment en sophistication. Si vous êtes déjà prévenu quand vous vous écartez de votre trajectoire, votre voiture prendra bientôt les commandes. Cette fonction existe déjà dans certains modèles. Ou la voiture freinera à votre place. C’est le cas avec le système de freinage automatique Volvo City Break."

Données envoyées vers un centre nerveux central : vehicle-to-infrastructure

En matière d’informatisation des véhicules, de nombreux observateurs s’intéressent aux Tesla. "C’est aussi l’exemple le plus connu et le plus avancé. En principe, une Tesla peut rouler de manière autonome", explique Gregory Van Barel. "Mais Tesla est aussi un précurseur dans un autre domaine : le vehicle-to-infrastructure." Grâce aux capteurs et contrôleurs intégrés, la voiture envoie fréquemment des données vers une infrastructure centrale. "En fait, un tel véhicule s’adapte en permanence aux informations provenant de son environnement", éclaire Gregory Van Barel.

Un autre exemple de service vehicle-to-infrastructure (V2I) peut être trouvé chez Audi,  qui propose dès cet automne un service permettant aux voitures de recevoir des informations sur les feux de signalisation. Ce système, baptisé Traffic Light Information, communiquera avec les feux afin que la voiture sache quand ils passeront au vert. L’information s’affichera avec un compte à rebours sur le tableau de bord.

Données entre les voitures: vehicle-to-vehicle

Les voitures communiquent déjà entre elles. Pensez aux systèmes GPS comme Google Waze, qui calculent l’itinéraire idéal sur la base de données d’autres usagers de la route. "Des fabricants de GPS et des cartographes comme TomTom utilisent aussi des données qui proviennent des capteurs de la voiture elle-même.  De plus en plus de constructeurs automobiles investissent d’ailleurs eux-mêmes dans la navigation. Par exemple, la technologie de navigation Here que se partagent aujourd’hui trois constructeurs allemands: Audi, BMW et Daimler", explique Gregory Van Barel.

Les constructeurs automobiles ont besoin de technologies de cartographie performantes pour fournir des services personnalisés et géolocalisés sur les voitures de demain. En outre, des informations routières en temps réel constituent un élément essentiel du développement de la voiture autonome. D’autres constructeurs investissent également dans le vehicle-tovehicle (V2V). Ainsi, les Suédois de Volvo ont l’intention d’intégrer ces technologies dans tous les représentants de la série 90. Avec ce système, les voitures seront capables de se prévenir mutuellement en cas de route glissante et d’autres obstacles imminents.

"Les innovations se succèdent à une vitesse croissante. Il faut dire aussi que les constructeurs peuvent travailler de plus en plus loin sur un concept virtuel avant de devoir construire un véritable prototype", conclut Gregory Van Barel. "En outre, ils perfe ctionnent sans cesse des innovations antérieures. Les connaissances de base sont enrichies en permanence."

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