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Plus belle à l'extérieur

©Bloomberg

L’impression 3D peut rendre les voitures plus légères, plus sûres et plus aérodynamiques. En raison de son coût élevé, cependant, la technologie se limite aujourd’hui aux voitures de luxe et aux compléments esthétiques.

Il faut à peine 10 minutes pour fabriquer une coque pour smartphone avec une imprimante 3D, chiffre Bart Van der Schueren, Chief Technology Officer de Materialise, le spécialiste belge de l'impression en trois dimensions. "Or, avec le moulage par injection, vous en avez produit six cents sur le même laps de temps. Cela explique pourquoi on ne fait pas appel à l’impression 3D pour la production à grande échelle aujourd’hui. Il faut que ce soit économiquement justifié. Une nouvelle technologie doit être moins chère pour remplacer l’ancienne."

Certaines voitures de luxe sont produites à très peu d'exemplaires identiques. L'impression 3D prend alors tout son sens
Bart Van der Schueren
Materialise

C’est aussi la raison pour laquelle l’impression 3D remporte un vif succès dans l’aérospatiale, où l’ancienne technologie est assez chère, explique- t-il. "Dans le secteur automobile en revanche, les processus de production sont tellement optimisés qu’il est très difficile à la technologie 3D de s’y imposer, surtout pour les voitures du segment inférieur et médian." Dans le segment supérieur, on montre un peu plus d’intérêt pour l’impression 3D. "Au sein des marques de grand luxe comme Lamborghini et Rolls-Royce, les volumes sont si faibles qu’il n’y a pas de production à grande échelle, et l’impression 3D devient donc économiquement intéressante."

Envol

Quels sont les avantages de l’impression 3D? Elle permet davantage de flexibilité, des formes complexes et l’utilisation de matériaux plus légers. Si l'on en croit Bart Van der Schueren, la technologie prendra son envol à mesure qu’elle gagnera en performance. À la fin de cette année, HP mettra sur le marché une nouvelle imprimante 3D – qui embarquera d’ailleurs un logiciel développé par Materialise – moitié moins chère et jusqu’à dix fois plus rapide que la génération actuelle. Chaque garagiste disposera-t-il, dans dix ans, d’une imprimante 3D pour remplacer des pièces de carrosserie endommagée?

L’expert en technologie voit les choses autrement. "Vous pouvez imprimer en 3D un élément en plastique qui a été développé pour le moulage par injection, mais ce sera fondamentalement un prototype: il ne présentera pas les mêmes performances et cassera plus vite par exemple. S’il a été spécialement conçu pour l’impression en 3D, il sera suffisamment robuste. Mais adapter un dessin existant pour une seule pièce de rechange sera incroyablement cher pour un garagiste."

Grâce à l'impression 3D, on pourrait produire des pommeaux de levier de vitesse modelés sur la paume de la main du conducteur
Bart Van der Schueren
Materialise

Et s’il s’agit d’une voiture qui a déjà été imprimée en 3D? "Dans ce cas, c’est possible, et ce sera rentable." L’impression 3D peut également contribuer à la personnalisation des voitures, même si le secteur est déjà très avancé dans ce domaine, remarque Bart Van der Schueren. "Chez certains constructeurs, les lignes d'assemblage ne produisent pas que quatre voitures identiques chaque année. L’impression 3D pourrait encore aller un peu plus loin, par exemple en proposant des pommeaux de levier de vitesse modelés sur la paume de la main du conducteur. Mais la demande de gadgets et d’éléments esthétiques de ce type reste très faible pour l’instant."

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