reportage

Un acier plus léger, des voitures plus légères, donc moins de pollution

À Gand, le géant de l’acier Arcelor- Mittal a développé "l’acier automobile du futur". Avec, à la clé, des économies de poids qui enthousiasment les constructeurs.

Mettez tout l’acier utilisé dans une voiture moyenne sur une balance, et vous verrez l’aiguille afficher 800 kg. Une innovation qui permet d’en économiser 20% réduit non seulement les coûts de production, mais aussi la future consommation de carburant. Et c’est cette plume qu’Arcelor Mittal Gand peut aujourd’hui mettre à son chapeau. Le géant de l’acier a développé l’acier ultra haute résistance Fortiform, à la fois léger, robuste et parfaitement déformable. Il n’en est pas à son coup d’essai. Plus de la moitié des produits d’acier fabriqués à Gand n’existaient pas voici encore sept ans.

L’acier Fortiform sera mis sur le marché à la fin de cette année. L’intérêt est grand chez les constructeurs automobiles, se réjouit Jan Cornelis, porte-parole d’Arcelor Mittal Gand. "Des feuillards un peu moins épais, sans pour autant faire la moindre concession en matière de sécurité des passagers, ne peuvent que les séduire. Le secteur automobile doit en effet réduire ses émissions de CO2 à 95 grammes par kilomètre d'ici à 2020. Des voitures plus légères, c’est une moindre consommation d’essence et de diesel, donc de plus faibles émissions de CO2."

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ArcelorMittal emploie 470 ingénieurs à Gand

L’acier à ultra haute résistance sera disponible en plusieurs versions: l’une autorisera un gain de poids de 10%, l’autre le double. "La qualité sera donc différente, et le choix des constructeurs dépendra du concept global de la voiture", précise Jan Cornelis. "Car une voiture est constituée de plusieurs types d’acier. Le châssis est réalisé en acier très robuste. Mais il y a aussi les zones de déformation, où l’acier absorbera l’énergie pour protéger le passager en cas d’accident. Enfin, le toit et les portes nécessitent encore un autre type d’acier."

ArcelorMittal ne craint-il pas à terme des voitures si bien équipées en électronique et capteurs, et si interconnectées qu’il n'y aura plus d’accidents? Il serait alors possible de fabriquer une grande partie de la voiture en carbone beaucoup plus léger, par exemple. "Même dans les voitures autonomes, la sécurité des passagers sera toujours cruciale", répond Jan Cornelis, qui souligne que l’acier présente un autre avantage non négligeable: "Il est recyclable à l’infini sans perdre en qualité. C’est un atout environnemental énorme que ne possèdent pas les autres matériaux." On peut imaginer de nombreuses autres applications, souligne encore Jan Cornelis. "L’automobile est typiquement le moteur de l’innovation, la locomotive des nouvelles solutions dans la sidérurgie. Les autres secteurs suivent. Or, les machines industrielles fabriquées avec notre nouvel acier consommeront elles aussi moins d’énergie."

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