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CleanTech en Flandre: les connaissances sont là, les succès commerciaux arrivent

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Même si la CleanTech reste une activité relativement transsectorielle et donc difficile à délimiter, le secteur n’en pèse pas moins 30.000 emplois et une valeur ajoutée annuelle de quelque 4 milliards d’euros en Flandre en 2017.

"Par l’expression CleanTech, nous entendons les entreprises qui concentrent au moins une partie de leurs activités sur des produits et services durables en matière d’énergie, d’eau, de matériaux et de mobilité", détaille Bart Vercoutere, directeur général d’i-Cleantech Vlaanderen. "Bonne nouvelle: les entreprises qui misent sur la CleanTech enregistrent en moyenne une croissance plus rapide que la référence du secteur technologique."

S’il est difficile de considérer d’ores et déjà la CleanTech comme un secteur d’activité à part entière, le constat n’en est pas moins encourageant: les "vieilles" entreprises actives dans des secteurs souvent très traditionnels, de la chimie à l’acier en passant par la construction, sont de plus en plus nombreuses à se métamorphoser en fournisseurs de technologies durables.

La CleanTech est partout

"À terme, c’est naturellement notre ambition ultime", commente le spécialiste. "Chaque entreprise en Flandre doit adopter un nombre croissant de concepts et de technologies CleanTech. Nous observons également une évolution importante dans ce domaine: dans les années 90, ce sont les technologies environnementales qui donnaient le ton. A posteriori, on constate qu’il s’agissait surtout d’atténuer les erreurs commises pendant des décennies. Désormais, la donne est très différente: les entreprises recherchent des technologies et des modèles économiques fondamentalement corrects dès le départ."

Ce qui manque au secteur aujourd’hui, c’est la capacité de commercialiser efficacement cette nouvelle technologie et ces nouvelles connaissances
Bart Vercoutere
directeur général d’i-Cleantech Vlaanderen

"Alors que le paradigme dominant était celui du ‘pollueur-payeur’, nous voyons surgir de terre, aux Nieuwe Dokken à Gand, un quartier résidentiel de 400 logements dont les habitants seront payés pour les déchets qu’ils produisent", illustre Bart Vercoutere. "Parce que ces déchets sont à nouveau transformés en énergie et en matières premières. Pour moi, c’est l’essence même de la vision radicale liée au CleanTech: les coûts autrefois supportés disparaissent parce que l’on mise d’emblée sur un modèle économique très différent et durable."

Sommet mondial

On peut identifier une série de domaines CleanTech dans lesquels la Flandre compte parmi les meilleurs mondiaux. Le traitement et la revalorisation des flux de déchets, par exemple, tout comme le développement de matériaux réellement nouveaux. Le nord du pays est également à la pointe dans le domaine de l’énergie renouvelable – avec des joyaux comme les cellules photovoltaïques et les batteries de haute technologie.

"Ce qui manque encore au secteur – et ce n’est peut-être pas étonnant vu le nombre de start-up créées ces dernières années – c’est la capacité de commercialiser efficacement ces nouvelles connaissances et technologies", souligne Bart Vercoutere. "Or, ce point est fondamental si l’on veut vraiment changer le monde. Les pouvoirs publics ont sans doute un rôle à jouer dans ce domaine. Nous devons traduire à bien plus grande échelle nos connaissances en activités économiques. Dans le secteur informatique, c’est beaucoup plus simple, parce que cela nécessite relativement peu de capital. Mais la CleanTech est un segment très risqué et à forte intensité capitalistique. Un petit coup de pouce serait donc le bienvenu, afin que les usines vertes du futur ne s’élèvent pas en Chine mais en Europe."

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